Le taux de détention des crédits par les ménages atteint un point bas
Les Français sont prudents, notamment à l'égard du crédit à la consommation. Les intentions de souscription remontent pour ce début d’année
Publié le
Antoine Duroyon
Les ménages français ont boudé le crédit en 2013. Le taux de détention global a atteint son plus bas niveau depuis 25 ans pour s’établir à 47,6% en fin d’année, révèle la 26e édition de l’enquête de l’Observatoire des crédits aux ménages, sous la houlette de la Fédération bancaire française. Il a poursuivi sa descente entamée en 2008, à une époque où il culminait à 52,6%.
«Ce net recul s’explique par la conjonction de plusieurs facteurs : un environnement macroéconomique peu propice, la disparition de mesures de soutien public et le durcissement du cadre législatif et réglementaire», détaille Michel Mouillart, professeur à l’université Paris Ouest et chargé du pilotage de l’étude. Cette morosité touche plus fortement le crédit à la consommation qui affiche un taux de détention de 26,6%, en repli d’un point sur un an. Les «cartes» de magasin sont mises au rebut, tandis que les demandes de crédit portent «plus que jamais» sur des projets d’équipement (automobile, travaux,…).
Les ménages sont prudents, le sentiment sur leur situation financière s’étant dégradé en 2013. La proportion de ceux considérant que leur condition s’est détérioriée est passée à 49,7% l’an passé, contre 46,8% en 2012 et 46% en 2011. Que les ménages détiennent ou non des crédits, la tendance est identique, signe que le recours au crédit n’est pas synonyme de situation financière délicate.
«La note d’optimisme pour début 2014, c’est que les intentions de souscription remontent», signale Michel Mouillart. Cela concerne aussi bien les crédits immobiliers (4,5% fin 2013 contre 4,1% fin 2012) que les crédits à la consommation (3,9% contre 3,5%). L’amélioration attendue pour 2014 ne permettra toutefois pas de retrouver rapidement les taux de détention observés par le passé.
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