«Le taux de dépôt négatif n’est pas suffisant pour affaiblir l’euro»
- L’Agefi : La baisse du taux de dépôt en territoire négatif peut-elle faire reculer l’euro?
- Matthieu Louanges : Cette mesure de la BCE n’est pas, à elle seule, suffisante pour affaiblir l’euro. Les sommes en jeu sont limitées, avec moins de 40 milliards d’euros placés par les banques européennes auprès de la BCE. Il est, par ailleurs, improbable que les banques européennes, auxquelles s’applique ce nouveau taux, soient intéressées à vendre des euros et acheter des dollars s’exposant ainsi à un risque de change significatif. C’est plutôt l’ensemble des mesures annoncées et le fait que globalement la BCE continue d’augmenter les mesures expansionnistes alors que la Fed est déjà sur le chemin d’une réduction des injections de liquidité qui, à moyen terme, pourront peser sur l’euro.
- La perspective d’une normalisation monétaire de la Fed a-t-elle une influence sur le dollar?
- Le différentiel de taux entre deux monnaies, ou l’anticipation même de son changement, est un élément qui influence les taux de change. L'élargissement de cette différence entre des taux orientés à la hausse aux États-Unis et à la baisse en zone euro, auquel pourraient s’ajouter les effets d’un quantitative easing, est un facteur positif en faveur du dollar et contre l’euro. Néanmoins, les anticipations actuelles du marché en termes de politique monétaire de la Fed sont en ligne avec notre scénario de base, ce qui signifie que l’augmentation du différentiel de taux est déjà dans les prix. Chez Pimco, nous croyons à la thèse de la nouvelle neutralité : elle suggère des taux directeurs des banques centrales comme la Fed qui devraient se normaliser vers des niveaux plus faibles que par le passé, probablement autour de zéro en termes réels.
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