Le taux de défaut des émetteurs spéculatifs européens devrait remonter en 2012
L’année 2010 a été un bon millésime pour la dette high yield. A un tel point que S&P a observé une chute substantielle en 2010 du taux de défaut pour les émetteurs de la catégorie «spéculative», notés BB+ ou en dessous. La mesure est repassée sous sa tendance à long terme moyenne de 4% pour la première fois depuis le troisième trimestre 2008, à 3,8% fin décembre 2010 contre 13,6% en décembre 2009.
Cette amélioration a été nourrie entre autres par un contexte de taux d’intérêts bas et de rebond économique en zone euro alors que les nombreuses entreprises ayant réduit leurs coûts en 2009 ont vu leur bénéfice et leur cash flow disponible croître significativement.
Toutefois, l’agence s’attend à voir les établissements prêteurs porter plus d’attention aux questions de covenants, de refinancement et de bilan, plus particulièrement dans le cas des transactions à effet de levier réalisées entre 2006-2008, qui devront faire face au défi du refinancement. Prévoyant un environnement de crédit restrictif persistant en 2012-2013, S&P prévoit une vulnérabilité accrue des plus petits LBO peu performants. «Le financement de dette bancaire pour les crédits à effet de levier restera limité à long terme à cause de la hausse des charges en capital, des coûts de financement et la rareté du capital», souligne S&P. Les taux de défaut devrait rebondir dès le premier trimestre de l’an prochain pour osciller entre 5,5% et 7,5% fin 2012.
Au total, 28 sociétés, dont beaucoup venant des secteurs des médias et des loisirs, ont fait défaut l’an dernier, représentant un total de 18,1 milliards d’euros. L’exercice précédent, elles étaient 103 à être dans ce cas pour un montant de dette de 62,4 milliards. Sur la période allant de janvier 2008 à fin décembre 2010, le taux cumulé de défaut atteint 22,6% pour 171 sociétés et une dette de l’ordre de 113,1 milliards. Le taux cumulé pour les secteurs de la haute technologie, l’automobile, l’immobilier, les matériaux de construction et de détail dépasse les 30%, contre 9,7% pour la santé, et 4,5% le pétrole et gaz.
Par pays, le Royaume-Uni a enregistré un taux de défaut glissant sur 12 mois record de 4,9% en 2010, contre seulement 3% pour la France et l’Italie. Mais en cumul, les sociétés espagnoles et italiennes voient leur taux de défaut sur 2008-2010 s’élever à 38,8% et 31,1%, à comparer à 16,8% pour celles de l’Hexagone.
Plus d'articles du même thème
-
Generali suit son chemin sans se laisser distraire
L’effervescence du secteur bancaire italien alimenté par de putatifs projets de consolidation ne perturbe pas le premier assureur du pays qui ne dévie pas d’un pouce de sa trajectoire stratégique. Cette posture profite plutôt à Generali qui présente de solides résultats au premier semestre. -
L’hémorragie se poursuit sur le secteur des semi-conducteurs
Après la correction de juillet, les valeurs de semi-conducteurs peinent à rebondir face aux attentes hors normes des investisseurs. -
L’optimisme accru de Siemens laisse les investisseurs sur leur faim
La moindre croissance relative des automatismes et logiciels industriels du groupe allemand a éclipsé le relèvement de sa prévision de bénéfice par action pour l’exercice en cours. -
L’émission obligataire d’AT&T reflète une approche plus prudente des investisseurs
Le géant américain des télécoms a réalisé fin juillet une émission obligataire jumbo en cinq tranches, en euro et en livre sterling, rare en cette période estivale. Mais après un mois de juillet chahuté, les investisseurs réclament plus de prime et préfèrent des durations courtes. -
Triodos IM nomme un nouveau directeur de la division actions et obligations à impact
Avec le départ à la retraite de William de Vries, le gestionnaire d’actifs néerlandais a décidé de nommer Jorik van den Bos pour le remplacer. -
Diageo se met au régime sec pour ressourcer sa croissance
Englué depuis des années, le géant britannique des spiritueux adopte un plan d’économies d’un milliard de dollars. Pour mieux réinvestir et se réinventer.
ETF à la Une
Fineco AM lance trois ETF Ucits avec Amundi
- BNP Paribas est reconduit comme banque dépositaire par la caisse de retraite obligatoire des experts-comptables italiens
- Gestion d'actifs : le bilan de juillet 2026
- BlackRock lance la tokenisation de ses fonds monétaires UCITS en Europe
- Goldman Sachs AM lance une plateforme d’investissement basée sur l’IA
- Allianz valorise Pimco au moins 31,8 milliards d’euros en rachetant ses actionnaires minoritaires
Contenu de nos partenaires
-
MAGAgeddon« America First » mais sans Trump : Tucker Carlson mène la fronde pour 2028
Quatre anciens piliers du mouvement MAGA ont jeté les bases d'un nouveau mouvement visant à désavouer le président et à barrer la route à J.D. Vance -
ConvergencesDroite et centre : un programme (déjà) commun pour 2027
En attaquant Gabriel Attal pour plagiat, David Lisnard montre qu'il existe quelques grands axes politiques autour desquels les candidats de l'ex-majorité présidentielle et Les Républicains peuvent s'entendre -
Présidentielle : la bataille du « socle commun » passe aussi par le Sénat
Les sénatoriales ne devraient pas bouleverser les équilibres de la Chambre haute. Mais l’arrivée probable d’un groupe RN et l’affaiblissement de la droite qu’elle entraînera, pourrait transformer le Palais du Luxembourg en terrain d’expérimentation de la présidentielle