Le TALF redonne vie au marché des ABS outre-Atlantique
Près de 8,2 milliards de dollars d’ABS de prêts automobiles et cartes de crédit éligibles au dispositif de la Fed ont été émis la semaine dernière
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Tân Le Quang
Le marché de la titrisation outre-Atlantique est sorti de sa léthargie la semaine dernière suite au démarrage du Term Asset-Backed Securities Loan Facility (TALF), le dispositif américain de 200 milliards de dollars lancé par la Fed et qui offre aux investisseurs de financer les achats de titres adossés à des actifs (ABS) éligibles. De fait, près de 8,2 milliards de dollars d’ABS éligibles au TALF ont été émis. Nissan, Ford, et Huntington Bank ont lancé trois ABS de crédits automobiles - respectivement pour 1,37 milliard de dollars, 2,95 milliards et 963 millions. Citibank a pour sa part émis 3 milliards de dollars d’ABS de cartes de crédit.
«L’émission de Nissan a été un réel succès puisqu’elle a été sursouscrite quatre à cinq fois grâce à ses caractéristiques éligibles au TALF», note SG CIB. Selon BarCap, «celle-ci s’est placée sur des niveaux de spreads en ligne avec le marché secondaire, ce qui indique que le gros de la participation des investisseursest probablement venu des gérants monétaires».
A contrario, le fait que les trois autres émissions soient sorties sur des niveaux de spreads plus serrés que sur le secondaire indique, selon BarCap, «que certains investisseurs à effet de levier ont été attirés par les rendements offerts au travers du financement de ces opérations auprès du TALF». L’émergence d’intérêt en provenance de divers acteurs financiers est un bon début.
Selon SG CIB, «les investisseurs n’ont pas tous décidé d’utiliser le TALF pour investir dans ses opérations. Sur un total de 8,2 milliards de dollars de papiers éligibles, seulement 4,7 milliards de dollars ont été demandés dans le cadre du TALF».A l’issue d’une période de souscription qui a couru du 17 au 19 mars, les investisseurs ont sollicité dans l’ordre 1,9 et 2,8 milliards de dollars de prêts pour acheter des ABS de crédits automobiles et de cartes de crédit. Les 3,5 milliards de dollars d’ABS achetés par des investisseurs en dehors du TALF peuvent être revendus à des opérateurs éligibles au TALF ou sur le marché car ils offrent de la «valeur», celle de bénéficier de la garantie de liquidité de la Fed.
Reste que le TALF n’a pas vraiment fait recette au vu de ces montants. D’ailleurs, le Trésor, qui pourrait le porter à 1.000 milliards de dollars, a ouvert son éligibilité aux titrisations existantes pour nettoyer les bilans bancaires.
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