Le système bancaire espagnol réduit sa dépendance au financement BCE
Le relatif découplage à l’œuvre entre l’Espagne et le trio Portugal-Irlande-Grèce sur le marché obligataire s’observe aussi dans la dépendance du système bancaire au financement BCE. La Banque d’Espagne a évalué hier à 41 milliards d’euros net, en mars, le recours quotidien moyen des banques espagnoles à la liquidité BCE lors des opérations de prises en pension de la banque centrale. Soit le niveau le plus bas depuis 2008. En juillet dernier, ce montant avait atteint le niveau record de 142 milliards.
Les économistes d’ING soulignent que les banques espagnoles ont réussi ces derniers mois à substituer aux fonds BCE un financement effectué sur le marché du repo auprès de prêteurs étrangers. De 20 milliards en moyenne entre janvier 2007 et la mi-2010, cette source représente désormais plus de 100 milliards. «Bien que le marché du repo montre une volonté croissante de financer les banques espagnoles, les risques de refinancement n’ont pas disparu», note cependant ING. La restructuration des caisses d'épargne reste notamment un problème.
Plus surprenant, les prêteurs portugais ont aussi réduit leur recours au financement BCE en mars (à 39 milliards), alors même que le pays se dirigeait vers une demande de soutien européen. Comme leurs voisines espagnoles, certaines banques portugaises ont adhéré à LCH.Clearnet afin d’accéder au marché international du repo.
Le financement BCE représente tout de même autour de 7% des actifs bancaires portugais, contre 1% environ pour le secteur bancaire espagnol. Les chiffres irlandais et grecs sont encore plus inquiétants. La liquidité banque centrale représente 18% des actifs bancaires grecs. Pour les banques irlandaises, la tendance est à la baisse depuis quatre mois, et le ratio est repassé sous la barre des 8%. Mais les apparences sont trompeuses: la BCE a volontairement réduit ses injections de liquidité, et c’est la banque centrale irlandaise qui a pris le relais à travers une ligne d’urgence qui atteignait 67 milliards à fin mars. Les banques irlandaises domestiques financent donc l’équivalent de 20% de leurs actifs grâce à l’action combinée des institutions monétaires. «Heureusement pour les banques du Portugal, d’Irlande et de Grèce ‘accros’ à la liquidité banque centrale, il est peu probable que la BCE prenne des mesures à court terme pour les faire décrocher de ses prêts d’urgence», souligne ING.
Plus d'articles du même thème
-
L’espoir autour de l’Iran prolonge l’euphorie des marchés
Wall Street avait un peu accusé le coup après la première réunion de la Fed sous Kevin Warsh mercredi. Si les investisseurs obligataires restent dubitatifs, la détente sur les prix de l’énergie synonyme de moindre inflation en cas de réouverture du détroit d’Ormuz pourrait soutenir encore un peu plus les actions et l’IA. -
Les patrons du CAC 40 ont besoin d’enrichir leurs compétences pour transformer l’entreprise
Dirigeants et administrateurs relèvent un décalage important entre les compétences du directeur général et celles nécessaires pour atteindre les objectifs stratégiques. Plus que les autres pays européens, les grandes entreprises françaises privilégient un patron issu de l’interne avec un profil très opérationnel. -
Pour ses cinq ans en France, Klarna veut être considérée comme une banque
Le champion du paiement fractionné suédois a une licence bancaire depuis 2017. Il veut convaincre les Français d'utiliser ses produits bancaires présents sur sa super-app rose. -
Blue Sea et dette privée : Bpifrance muscle son arsenal d’investissement
Dans un environnement de marché marqué par la faiblesse persistante des levées de fonds et des sorties, la banque publique d’investissement entend renforcer son rôle contracyclique en mettant l’accent sur ces deux chantiers stratégiques. -
Nickel lance un compte pour les pros
La banque a vu son développement s’accélérer légèrement sur le marché français, avec l’ouverture de 210.000 comptes au premier trimestre 2026, contre un rythme mensuel à 60.000 précédemment. -
EQT acquiert Intertek pour 12 milliards d'euros
En acquérant le fournisseur britannique de services d'assurance et de certification, EQT réalise une des plus importantes acquisitions par un groupe de capital-investissement au Royaume-Uni.
ETF à la Une
Generali Investments va lancer ses premiers ETF actifs en Europe
- Le chantier social prend du retard dans la fusion de BNP PAM et d'Axa IM
- Generali Investments va lancer ses premiers ETF actifs en Europe
- AIFM 2 : la transposition française de la directive prend beaucoup de retard
- Le régulateur américain veut encadrer les marchés de prédictions ciblés par les hedge funds
- La tokenisation change d’échelle
Contenu de nos partenaires
-
EXCLUSIF Surprise gâchéeDrogue : après le choc de la circulaire Lecornu, le gouvernement en quête... d'auto-tests
Le processus de dépistage de produits stupéfiants annoncé par le Premier ministre mardi soir connaît encore des balbutiements. -
Anniver-cherLa loi de financement de la Sécu a 30 ans… Et cherche toujours l’équilibre
Le dernier texte voté par les parlementaires actant un excédent des comptes sociaux remonte à 2001. Sans redressement notable, le déficit devrait continuer de s'aggraver ces prochaines années -
EditoCanicules : l'immobilisme ne rafraîchit pas
La France a (trop) chaud, alors la France s'arrête. Est-ce vraiment durable ?