Le soutien de l’EFSF aux banques divise les autorités européennes
L’Autorité bancaire européenne (EBA) a démenti hier vouloir accréditer l’idée que les banques européennes avaient un besoin rapide de capitaux supplémentaires. Elle tente ainsi de corriger l’effet produit par la publication lundi, dans le Financial Times Deutschland, d’un projet de proposition émanant du président de l’EBA. Andrea Enria recommande, selon le quotidien allemand, de permettre à l’avenir au Fond européen de stabilité financière (EFSF) de procéder directement à la recapitalisation de banques en difficulté, une idée plusieurs fois avancée dans le passé par les milieux académiques, mais toujours écartée par les autorités nationales et européennes.
«L’EBA n’est pas en train de demander une recapitalisation massive et urgente», a déclaré la porte-parole de l’Autorité à L’Agefi. «Comme les tests de résistance [publiés en juillet] l’ont démontré, les banques européennes ont renforcé de manière conséquente leurs fonds propres. Elles sont en mesure de faire face à un scénario macroéconomique adverse», a-t-elle ajouté. «Il ne s’agit pas de propositions en réaction aux critiques du FMI», a-t-elle insité, faisant référence aux propos de Christine Lagarde lors de la réunion de Jackson Hole.
La porte-parole a cependant reconnu que l’idée de recapitalisation directe dévoilée à l’insu du président de l’EBA, était sur la table. Elle devait être discutée lors d’une réunion, les 5 et 6 septembre, de la Table de stabilité financière. Cette enceinte est une formation élargie du Comité économique et financier réunissant, outre des représentants des ministères des finances des Vingt-Sept et des banques centrales, les responsables des autorités de supervision financière, dont l’EBA. Ses participants procèdent à «échanges réguliers qui ne sont pas publics», relativise le superviseur bancaire.
Lundi, la lettre d’Andrea Enria, où il propose des recapitalisations directes, n’avait pas encore été envoyée aux ministres, ce qui laisse penser que la fuite vient de l’intérieur de l’institution. Mardi, la BaFin, l’autorité de supervision bancaire allemande, membre de l’EBA, a reconnu qu’elle s’opposait à l’envoi d’une telle lettre au Conseil des ministres des fFinances. La Commission européenne n’était pas en mesure d’indiquer si elle avait été informée de cette proposition et s’est refusée à prendre position.
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