Le sherpa d’Angela Merkel est nommé à la tête de la Bundesbank
La nomination de Jens Weidmann à la présidence de la Bundesbank est présentée comme une décision risquée pour la chancelière Angela Merkel. En laissant partir son sherpa, elle perd son premier conseiller économique et technocrate loyal qui a joué un rôle primordial lors de la crise de la dette grecque et dans l’affaire de la banque immobilière HRE. Parallèlement, sa nomination a fait grincer des dents chez les sociaux-démocrates du SPD mais aussi chez certains membres de son allié du FDP. Ils reprochent à Jens Weidmann sa grande trop grande proximité avec la politique qui risque de nuire à la sacro-sainte indépendance de la Bundesbank.
A la chancellerie on fait remarquer que la nomination d’un haut fonctionnaire à la tête de la Bundesbank n’est pas une première. Hans Tietmeyer qui a dirigé la Buba entre 1993 et 1999 avait été secrétaire d’Etat au ministère des Finances. Pour Jens Weidmann, la «Buba» est une institution bien connue. C’est ici qu’il débute sa carrière, appelé en 2003 par Axel Weber qui fut son professeur de tutelle durant ses études d'économie à l’université de Bonn. Ce fut également Axel Weber qui recommanda Jens Weidmann trois ans plus tard à la chancelière lorsqu’elle était à la recherche d’un nouveau sherpa.
Né en 1968 dans le Bade-Wurtemberg, le futur banquier central a fait une partie de ses études en France, à Aix-en-Provence ainsi qu'à Paris. Ses connaissances de la France et de la langue française lui ont servi en 2007 pour négocier la sortie de Daimler du groupe EADS, veillant alors à la demande de la chancelière à préserver l'équilibre franco-allemand au sein du groupe aéronautique.
Dans les milieux financiers de Francfort, Jens Weidmann a la réputation d’un faucon, susceptible de défendre la stabilité de l’euro avec autant de ferveur que son prédécesseur. Dans son entretien au Spiegel lundi, Axel Weber l’a loué comme un excellent économiste. Le gouvernement a par ailleurs créé la surprise hier en annoncant la nomination de Sabine Lautenschläger, directrice de la BaFin, le gendarme allemand de la Bourse, comme vice-présidente de la Bundesbank.
Reste que l’Allemagne n’a plus de candidat pour succéder à Jean-Claude Trichet à la tête de la BCE. L’ancien ministre des Finances, Peer Steinbrück, présenté par le SPD a déclaré forfait. Selon le ministre de l’Economie, Rainer Brüdeerle, le futur président de la BCE ne doit pas être forcément un Allemand.
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