Le secteur pétrolier américain s’est radicalement transformé
Après avoir atteint un pic à 115 dollars en juin dernier, le cours du Brent a enregistré une baisse forte et inattendue de près de 25% en 3 mois. Les fondamentaux du marché ont finalement pris l’avantage sur les craintes liées aux troubles géopolitiques qui soutenaient jusqu’ici les cours. Si la demande reste stable en l’absence de reprise réelle de l’économie mondiale, c’est surtout du côté de l’offre que l’on trouve les éléments de pression et en particulier aux Etats-Unis.
La production de pétrole de schiste a été largement décriée notamment pour son coût élevé et son impact environnemental. Cependant, les industriels américains de ce secteur ont profité des prix hauts de ces dernières années pour investir massivement. Aujourd’hui, le pétrole de schiste représente plus de 40% de la production américaine et les Etats-Unis sont les seuls à en produire à grande échelle. Ainsi, sans prêter attention aux controverses sur le sujet, ils ont investi dans cette voie et la révolution du pétrole de schiste a bien eu lieu.
Leur succès est visible à travers les chiffres. Selon les derniers rapports de l’EIA, l’organisme américain de l’énergie, la production de pétrole aux Etats-Unis s’élevait en juin à 14 millions de barils par jour, un chiffre en augmentation de 50% par rapport à 2010. En 2014, la production américaine représente 15% de la production mondiale contre 10% il y a 4 ans. L’évolution des importations est un autre indicateur intéressant, la dépendance énergétique du pays étant un enjeu majeur. Au cours des années 2000, les Etats-Unis importaient près de 70% de leur consommation de pétrole. Depuis fin 2013, ce chiffre est tombé sous les 50%.
Le pétrole de schiste américain a ainsi modifié les équilibres de l’industrie pétrolière mondiale et engendre un surplus d’offre sur le marché. Il est à présent ancré dans l’industrie pétrolière américaine au même titre que les techniques traditionnelles et les coûts ont eu le temps d’être optimisés. Toutefois, la baisse du cours du brut, si elle s’inscrit dans la durée, sera un vrai test à terme pour cette industrie intensive en capital, en particulier pour les nouveaux projets en cours. De plus, au-delà des questions de prix, il est difficile de se prononcer sur sa pérennité à long terme (au-delà de la décennie), en raison de multiples incertitudes tant politiques que techniques et environnementales.
SMA Gestion
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