Le secteur bancaire italien a montré sa résilience mais n’est pas à l’abri des risques
Le FMI donne un bon point à l’Italie. «Le système bancaire italien a fait preuve d’une résilience remarquable malgré une récession sévère et prolongée sur son sol et une crise majeure en Europe», souligne l’institution de Washington dans un compte-rendu de la mission d'évaluation (Financial Sector Assessment Program) publié hier. Il a réussi à «surmonter» ces chocs et a, dans les faits, accru les dépôts domestiques et levé des capitaux supplémentaires, bénéficiant au passage des facilités de liquidité mises en place par la Banque centrale européenne.
Compte tenu de ces atouts et d’un cadre de supervision solide, les résultats préliminaires des tests de résistance indiquent que le système bancaire transalpin semble être en mesure de «supporter» à la fois de puissants chocs économiques et une longue période de faible croissance, ajoute le document. Par ailleurs, «les estimations d’impact suggèrent que la mise en œuvre des exigences de Bâle 3 laisseront le système bancaire dans son ensemble avec un coussin de fonds propres confortable».
Pour autant, la mission pointe des dangers. «Même s’il est stable, le système financier italien n’est pas à l’abri de risques : la faiblesse prolongée de l'économie réelle et le lien entre le secteur financier et le souverain restent les principaux risques». La récession s’observe en particulier à travers la détérioration de la qualité de crédit et le déclin de la couverture des prêts non performants par les provisions.
«Les perspectives économiques à court terme continueront de peser sur la rentabilité , mais un programme d’inspections ciblées sur site par la Banque d’Italie vise à renverser la tendance à la baisse des provisions», estime le FMI. Les établissements les plus exposés sont ceux qui détiennent aujourd’hui un important portefeuille de titres de dette italienne. Une remontée des coûts de financement leur ferait courir des pertes.
La mission ayant mené son évaluation du 14 au 31 janvier, elle ne mentionne pas le contexte politique. Les élections législatives de février ont abouti à un blocage faute de majorité établie. L’Institute of International Finance (IIF) a récemment estimé que cette situation pose la question de savoir si l’Italie est «en mesure de mobiliser un soutien public suffisant pour respecter la conditionnalité (surveillance des évolutions macroéconomiques) qui serait requise dans le but d’activer le programme OMT de la BCE, si besoin».
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