Le sauvetage du Ghana vient rappeler la fragilité des émetteurs africains
Stars des marchés de la dette souveraine depuis deux ans, les pays d’Afrique subsaharienne n’en restent pas moins, pour certains d’entre eux, des émetteurs aux finances publiques fragiles et exposées aux chocs externes. En témoigne l’accord intervenu la semaine dernière entre le Fonds monétaire international et le Ghana.
Au terme de plusieurs mois de discussions, le FMI a décidé d’accorder un milliard de dollars d’aide sur trois ans au pays. L’institution de Washington doit formellement approuver le programme au mois d’avril.
Bénéficiaire d’un effacement de dette en 2004, le Ghana a connu ensuite plusieurs années de forte croissance, autour de 8% par an. Exportateur d’or et de cacao, Accra a bénéficié de la hausse des prix des matières premières et de la mise en exploitation à partir de 2010 de champs pétroliers offshore.
Mais le retournement des prix, couplé au ralentissement mondial, a mis l’économie en difficulté. Le rythme de croissance a ralenti à 4,1% en 2014 et devrait encore reculer à 3,5% cette année, selon les prévisions du FMI. La devise locale, le cédi, a perdu 31% de sa valeur face au dollar depuis le 1er janvier 2014. Sa dépréciation a poussé jusqu’à 17% le taux d’inflation, censé retomber autour de 11 à 12% fin 2015. Enfin, le pays porte de lourds déficits jumeaux, que le FMI veut voir ramener respectivement à 7,5% pour le déficit budgétaire et à 7% pour le déficit courant cette année.
La situation des finances publiques du Ghana était si tendue qu’il ne restait au pays, en septembre 2014, que quelques jours de réserves pour couvrir ses importations, juste avant l’émission d’un eurobond d’un milliard de dollars. Les titres avaient été placés à un coupon de 8,125%, toutefois inférieur aux attentes.
La vulnérabilité d’un émetteur comme le Ghana aux chocs externes vient rappeler le risque de cette catégorie d’emprunteurs. En 2013 et en 2014, les pays d’Afrique subsaharienne, dont les profils sont très différents, ont levé 11,3 milliards de dette libellée en dollars. Un montant record qui a rencontré une forte demande de la part d’investisseurs internationaux en quête de rendement.
Fin janvier, l’Overseas Development Institute, un groupe de réflexion britannique, insistait sur le risque de change que courent ces pays sur leur dette en devises fortes et établissait le parallèle avec la situation des pays d’Asie avant la crise de 1997-98.
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