Le Royaume-Uni accélère le pas pour faciliter le financement de ses PME
Le Trésor britannique autorise les PME à lever jusqu'à 5 millions d’euros de fonds sans publier de prospectus, contre 2,5 millions auparavant
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Tân Le Quang
Londres s’attelle au financement des petites et moyennes entreprises. Le Trésor britannique a mis en application dès le 1er août, soit un an plus tôt que prévu, les modifications de la Directive européenne Prospectus, prévoyant un assouplissement des règles pour les PME. Désormais, celles-ci voient leur capacité de levée de fonds sur le marché des capitaux doubler de 2,5 à 5 millions d’euros sans avoir besoin de publier de prospectus. De plus, elles ont à présent la possibilité de cibler un panier de 150 investisseurs contre 100 auparavant. Des changements qui devraient leur permettre d'économiser 12 millions de livres par an.
Outre le fait que le Gouvernement rend l’accès au financement plus facile pour les petites sociétés qui cherchent à croître et à investir, il leur offre une alternative de crédit. D’après la Federation of Small Businesses (FSB), ces deux changements «aideront plus de petites entreprises à accéder au financement en capital et montrent qu’il y a d’autres options que celle d’aller chercher un crédit auprès d’une banque». L’annonce est rassurante pour la FSB qui doutait récemment de l’engagement du gouvernement à assouplir les règles de marché pour les PME. D’autant plus que la relation de confiance entre les PME et les banques a terriblement souffert de la crise post-Lehman qui avait entraîné avec elle tout le secteur bancaire britannique. Cette annonce est aussi de bon augure pour l’économie britannique qui est rentrée dans une dynamique de faible croissance. Les PME, selon la FSB, contribuent à hauteur de 51% au PIB du Royaume-Uni et emploient 58% de la force de travail du secteur privé.
Pour autant, les conditions d’accès au financement sont assouplies uniquement pour les entreprises qui se financent déjà sur le marché des capitaux. Les experts outre-Manche doutent que ces mesures se traduisent par un redressement des introductions en bourse des PME sur le compartiment des petites entreprises, l’AIM, dont l’activité est en berne. Le montant moyen d’argent frais levé lors d’une introduction sur l’AIM a chuté de 70% à 3,6 millions de livres à l’issue de la période janvier-mai 2011, contre 12 millions à la même période un an plus tôt. Au deuxième trimestre, 42 entreprises ont quitté l’AIM à comparer à 28 retraits de la cote au cours des trois premiers mois de l’année.
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