Le rôle de la BCE dans la restructuration de la dette grecque reste à préciser
Comment passer du PSI (implication du secteur privé) à l’OSI (implication du secteur public) ? C’est le casse-tête qu’essaient de résoudre les participants aux discussions sur la restructuration de la dette grecque. Un fait semble acquis : avec une décote d’environ 70% sur les titres de dette grecque, un niveau jugé d’ailleurs insuffisant par S&P, et des prévisions macroéconomiques assombries (avec un recul de 4 à 5% du PIB désormais attendu cette année), la participation des créanciers privés risque d'être insuffisante pour ramener le ratio d’endettement à 120% du PIB d’ici 2020. «Le seul moyen pour atteindre une participation de 100% dans le cadre du PSI est l’inclusion et l’invocation de clauses d’action collective (CAC)», souligne la recherche de BNP Paribas.
La BCE détenant des titres en tout point similaires à ceux des créanciers privés, il s’agit de trouver le cadre le plus approprié pour l’activation de ces CAC. Considérer la BCE comme un créancier senior ou a contrario la traiter comme n’importe quel autre créancier ne paraissant pas des solutions appropriées, un troisième scénario semble tenir la corde. L’institut d'émission céderait au Fonds européen de stabilité financière (FESF) ses titres de dette grecque à leur prix d’achat et recevrait en échange des obligations du FESF. BNP Paribas imagine que le FESF puisse ensuite donner à la Grèce les titres provenant de la BCE, également au prix d’achat, ce qui permettrait leur destruction.
Dans ce rétablissement de la situation de la dette grecque, le FESF s’attend ainsi à jouer un rôle clé, comme l’a souligné hier son directeur général délégué, Christophe Frankel. Mais cette mécanique pourrait avoir toutefois pour inconvénient «d’affaiblir la conditionnalité que l’Union européenne et le FMI aimeraient faire porter sur la performance budgétaire du gouvernement grec», nuance BNP Paribas.
Au lendemain d’une réunion des chefs des trois partis de la coalition gouvernementale grecque, un rassemblement de l’Eurogroupe est programmé ce soir à Bruxelles. Le nouveau projet de renflouement contiendrait 13 milliards d’euros de mesures budgétaires jusqu’en 2015, dont 3 milliards d’euros cette année, selon Reuters. Thomas Steffen, le secrétaire aux Finances allemand, a souligné hier les enjeux, déclarant : «Je pense que l’on peut dire aujourd’hui que nous avons fait peu de progrès sur la Grèce depuis 2010, tellement peu que c’en est inquiétant».
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