«Le risque est que la BCE se contente de gagner du temps»
Frédérik Ducrozet, économiste zone euro chez Crédit Agricole CIB
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Patrick Aussannaire
- L’Agefi : La BCE va-t-elle agir à sa réunion de jeudi ?
- Frédérik Ducrozet : La BCE a orchestré un festival de déclarations plus «dovish» les unes que les autres ces dernières semaines. Il n’est pas impossible que son seul objectif soit de corriger la perception trop «hawkish» de la réunion de mars. Le risque serait alors qu’elle se contente de gagner du temps en mettant en avant les outils qu’elle peut toujours mobiliser en cas de besoin. Cette stratégie semble toutefois atteindre ses limites, l’impact marginal des déclarations de la BCE allant en décroissant. Les marchés continuent de tabler sur un assouplissement monétaire sous une forme ou une autre, et ils ne vont pas se contenter de mots éternellement. Dans ce contexte, la BCE peut difficilement ne rien faire cette semaine. Des signaux plus explicites me semblent un minimum, y compris en termes de liquidité et de mesures non conventionnelles. Mais il faudra probablement que l’inflation surprenne à la baisse, à 0,5% en zone euro en mars, pour qu’une majorité de gouverneurs plaide pour une baisse de taux dès cette semaine.
- L’euro est-il devenu une source d’inquiétude pour les risques déflationnistes ?
- L’inflation est trop proche de niveaux critiques pour que la BCE prenne un quelconque risque à court terme. Or une nouvelle appréciation de l’euro de 3-5% contre un panier de devises, en amplifiant le phénomène de désinflation importée, pourrait suffire à décaler de nouveau le profil d’inflation anticipé dans les mois qui viennent. La réponse de politique monétaire la plus probable serait alors une (petite) baisse du taux de dépôt en territoire négatif, comme la BCE l’a indiqué de façon plus explicite ces derniers jours.
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Le groupe finlandais de gestion d’actifs Alexandria envisage la possibilité de croître par le biais de fusion ou d’acquisition, déclare le directeur général de l’entreprise, Alexander Schoschkoff.
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