Le risque d'éclatement de la zone euro n’a pas totalement disparu
Les propos de Mario Draghi sur l’irréversibilité de l’euro et son annonce d’achats conditionnels de titres souverains, l’OMT, ont été accompagnés de développements positifs. Les investisseurs étrangers reviennent sur les marchés primaires du crédit et des dettes souveraines; les soldes Target 2 se stabilisent, ce qui signale avant tout une accalmie sur le marché interbancaire; les écarts sur les CDS bancaires et souverains se sont sensiblement refermés vis-à-vis de l’Allemagne. A-t-on pour autant évacué le risque d’éclatement de la zone euro à moyen terme ?
Certes, l’OMT constitue d’une certaine façon un palliatif aux Eurobills. Et il peut jeter les bases d’une restructuration ordonnée des dettes souveraines en zone euro.
Mais aucune avancée fédérale décisive n’a été acquise. Les modalités retenues dans le projet d’union bancaire pour protéger les épargnants et renflouer les banques en difficulté ne sont pas en mesure de prévenir un recours asymétrique aux budgets publics en cas de nouvelle crise bancaire régionale. Aucun débat sur la mise en place d’une assurance chômage européenne ne prend pied, alors que ce serait le seul vrai dispositif fiscal qui préviendrait la répétition des absurdités de la crise actuelle. Pire, la renationalisation du financement des économies est de plus en plus profonde: les banques françaises préfèrent aujourd’hui financer de lointaines économies (à hauteur de 50% du PIB), plutôt que nos voisins qui partagent la même monnaie (40% du PIB) !
La renationalisation des financements véhicule la divergence croissante des économies membres de l’UEM. La corrélation des cycles nationaux de production industrielle est ainsi retombée à 12% en 2012, contre 60% en 2008. Elle est plus faible aujourd’hui que lors des premiers pas de l’euro. Autrement dit, le respect des critères de Maastricht a un coût exorbitant pour certains pays membres, qui pourraient d’eux-mêmes préférer la sortie. La situation reste dangereuse.
{"title":"","image":"78922»,"legend":"BCE : actifs d\u00e9tenus par les banques fran\u00e7aises»,"credit":""}
Plus d'articles du même thème
-
L’ampleur du plan allemand peine à convaincre les économistes
Le paquet de 34 réformes annoncées jeudi 2 juillet va de la fiscalité au marché du travail en passant par la compétitivité, l’Etat social et la réduction de la bureaucratie. Promis depuis l’automne 2025, il est avant tout destiné à prouver aux Allemands que le gouvernement de Friedrich Merz peut agir et se mettre d’accord sans susciter de querelles internes. Certains aspects positifs pourraient cependant être contrebalancés par d’autres décisions à venir. -
Thales fait parler les synergies pour emporter Exail
Trois jours à peine après l'abandon des discussions entre Safran et Exail, Thales a signé un accord avec le groupe Gorgé en vue d'acquérir le spécialiste de la robotique. Pour les marchés, la logique industrielle semble mieux respectée. -
Le marché primaire high yield frôle l’indigestion
Deux émissions de CPI Property et d’HelloFresh ont été difficilement placées. Le marché est cher et laisse peu de place aux situations les plus limites, quel que soit le prix, surtout après une vague massive d’émissions au cours des deux derniers mois. Les investisseurs se veulent disciplinés et prudents. -
Sky et ITV réunissent leurs forces face aux géants mondiaux du streaming
La filiale de Comcast déboursera jusqu’à 1,6 milliard de livres pour le rachat d’ITV Media and Entertainment. Le nouvel ensemble pèsera 20% de l’audience britannique, derrière la BBC et devant YouTube. -
BCPE pousse les feux sur son offre crypto pour attirer les jeunes
Hexarq, l'offre de trading de cryptoactifs de BPCE, est désormais déployée dans la plupart des Caisses d'Epargne et des Banques Populaires. Son modèle tarifaire évolue pour cibler les plus jeunes. -
La zone franche de Shanghai devient une place majeure de l’internationalisation du yuan
Alors que la Banque Populaire de Chine vient de prendre de nouvelles mesures pour favoriser l’utilisation du yuan à l’international, les échanges via Shanghai sont déjà en hausse et devraient permettre le rapprochement entre yuan onshore et offshore.
ETF à la Une
Schroders vise une dizaine d’ETF actifs d’ici la fin de l’année
- L'affaire Malakoff Humanis tombe mal pour une éventuelle cession de Sienna Gestion
- BlackRock remporte un mandat de 10 milliards d'euros
- LBP AM transfère la gestion de ses opérations de Natixis IM OS vers Alto
- Perpetual rejette une offre de rachat de 1,7 milliard de dollars d'EQT
- Schroders vise une dizaine d’ETF actifs d’ici la fin de l’année
Contenu de nos partenaires
-
Menace, pardon et unité : Jordan Bardella au défi du rassemblement
A la veille de la décision de la cour d'appel de Paris qui pourrait faire de lui le candidat du RN à l'Elysée, Jordan Bardella soigne son image de rassembleur. Il multiplie les gestes envers les différentes sensibilités du parti, mais ne parvient pas à dissiper les craintes d'une purge -
Stop ou encoreMarine Le Pen, le jugement dernier
La cour d'appel tranche ce mardi si Marine Le Pen peut briguer l’Elysée ou si Jordan Bardella défendra les couleurs du RN. Deux années de sursis ont déjà bouleversé le parti : quel rôle pour leur cheffe si elle n'est plus la candidate ? -
Coup de têteMotion de censure : Olivier Faure, la solitude du frondeur
Il y a six mois, le premier secrétaire du PS avait choisi de ne pas censurer Sébastien Lecornu sur le budget, contre l’avis des siens. Aujourd’hui, il fait le choix inverse, là encore à rebours de la majorité de son groupe, pour ne pas couper les ponts avec des écologistes de plus en plus tentés par Jean-Luc Mélenchon