«Le risque d’appréciation de l’euro apparaît extrêmement limité»
Pascal Gilbert, co-responsable obligataire de La Française AM
Publié le
Solenn Poullennec
- L’Agefi : Qu’implique la dernière réunion de la BCE pour l’euro/dollar ?
- Pascal Gilbert : A court terme, un peu de pression à la hausse de l’euro, car une partie des économistes anticipaient un geste de détente de la politique monétaire. Cependant la toile de fond ne change pas vraiment. L’excédent commercial de la zone soutient l’euro bien que celui-ci soit surévalué pour une grande partie des pays européens. Il faut être patient. Pour notre part, nous pensons que le risque d’appréciation de l’euro apparaît extrêmement limité car, si la BCE n’a pas d’objectif de change, le risque de déflation que ferait peser une poursuite de sa hausse sur les marchés des changes est bien réel.
- Pourquoi pariez-vous sur une stabilité de la parité dollar/yen à six mois ?
- Comparativement à sa moyenne 2011-2012, le yen a déjà perdu près de 25% de sa valeur contre dollar. Cela commence à produire ses effets positifs sur l’économie, la croissance s’affichant sur un an glissant à plus de 2.5%. L’important programme d’assouplissement quantitatif mis en place par la Banque centrale japonaise devrait continuer d’exercer une pression à la baisse du yen. Cependant, la hausse du prix des importations s’est traduite par un important gonflement du déficit de la balance commerciale et laisse maintenant apparaitre un déficit de la balance des comptes courants. Cela signifie qu’après avoir été massivement exportateurs de capitaux, le Japon va dorénavant devoir rapatrier une partie de ceux-ci exerçant de facto une pression inverse, à la hausse du yen. Enfin, dans cette guerre des changes, les pays d’Asie, les plus impactés par le recul de yen, ne se laisseront pas faire. A court terme, un peu de stabilité semble le plus probable.
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