Le retour aux fondamentaux maintient sous pression le marché de crédit
De nouvelles dépréciations d’actifs du côté des banques pourraient être annoncées cette semaine
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Tân Le Quang
S’il est resté suspendu ces derniers jours à la crise du secteur monoline, le marché du crédit devrait se focaliser sur la période actuelle de publication de résultats. D’autant plus que de nouvelles dépréciations du côté des banques pourraient être annoncées dans la foulée. Sur ce point, les britanniques seront sous les feux des projecteurs avec les chiffres 2007 d’Halifax (27 février), dont l’exposition aux subprimes reste limitée, et ceux de Royal Bank of Scotland (28 février) qui, selon SG CIB, « sontfragilisés par sa dépendance vis-à-vis de la banque d’investissement et son exposition directe au marché américain ».
Les résultats de Dexia devraient être l’occasion pour le groupe de faire à nouveau le point sur son monoline FSA, déficitaire au dernier trimestre à la suite de la chute de la valeur de marché de son portefeuille de CDS réhaussés et qui avait contraint la maison mère à injecter 500 millions de dollars. La semaine passée, Lloyds TSB, reconnu pour son activité de banque de détail, a annoncé 122 millions de livres de dépréciations de CDO d’ABS, un montant plutôt modéré indiquant une certaine immunité à la crise du subprime. Côté non-financier, les télécoms, les biens à la consommation et les services aux collectivités seront à l’honneur avec entre autres, Deutsche Telekom, Portugal Telecom, PPR, Pernord Ricard, Suez et GDF.
Hier, la nervosité est retombée d’un cran avec la perspective d’un sauvetage imminent du monoliner Ambac. Les indices iTraxx des valeurs financières et non financières ont eux reculé respectivement de 10 et 5 pb. Le Crossover a chuté de 22 pb à 553. Dans ce contexte d’apaisement, le marché sera attentif aux fondamentaux. « Si les résultats passent actuellement au second plan (...), ils continueront à donner une bonne indication de l’état général de l’économie, notamment avec les perspectives des sociétés pour 2008 », souligne SG CIB.
Reste que, pour l’heure, le marché primaire est fermé. « La période de blackout traversée par les entreprises, conjuguée aux fluctuations agressives des spreads observées cette semaine, explique l’activité toujours limitée sur les marchés primaires », ajoute SG CIB. Mis à part le milliard d’euros émis par OTP Bank la semaine dernière, les autres émissions ont été de petite taille (Storebrand et Danske Bank sont sorties avec 300 millions d’euros chacune). Le secteur non financier, lui, est resté à l’arrêt.
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