«Le resserrement des spreads de crédit va se poursuivre»
- L’Agefi : Quel impact ont eu les mesures annoncées par la BCE sur le marché du crédit ?
- Julien Daire : Après plusieurs mois de tergiversations, la BCE s’est enfin décidée à agir! En présentant une batterie importante de mesures, elle n’a pas déçu le marché qui a tout de suite salué positivement cette annonce. Même si la BCE n’a pas sorti l’artillerie lourde, ne s’engageant pas, pour le moment, dans un programme de rachats d’actifs (QE), plusieurs mesures comme la mise en place des TLTRO (Targeted Longer-Term Refinancing Operations) ou projets d’achats d’ABS sont de nature à réduire les coûts de financement des banques et en particulier des banques périphériques, améliorant ainsi leur profitabilité. Même si les effets sur l’économie réelle sont incertains à court terme, cet arsenal déployé par la BCE couplé à un discours très accommodant nous semble très favorable aux marchés financiers et en particulier au marché du crédit. En effet, nous allons continuer à vivre avec des taux bas pour longtemps (pas pour quelques mois mais pour quelques années !) favorisant ainsi toutes les classes d’actifs à «spreads». En d’autres termes, le resserrement des spreads va se poursuivre… avec une compression entre «high bêta» et «low bêta».
- Quelle est votre stratégie dans ce contexte ?
- Nous continuons à favoriser une stratégie de maximisation du portage en surpondérant les segments de marché les plus rémunérateurs, en particulier le high yield et les banques périphériques. En termes de maturités, au regard des perspectives BCE et des courbes de spreads encore très plates par rapport aux niveaux d’avant la crise, nous préférons investir sur les maturités inférieures à 5 ans.
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