Le renminbi s’offre une cotation directe contre la livre sterling
L’étape est symbolique. Dans le cadre de la volonté affichée par Pékin de voir sa devise s’internationaliser, le renminbi (RMB) est autorisé depuis aujourd’hui à être coté directement contre la livre sterling à Shanghai. «Il s’agit d’une étape importante dans le renforcement des relations commerciales et économiques bilatérales entre la Chine et le Royaume-Uni», s’est félicité la PBOC hier.
La livre rejoindra ainsi le club jusqu’ici réservé aux dollars américain, australien, néo-zélandais, ainsi qu’au yen, des devises offrant une cotation directe avec le RMB.
La décision «coïncide avec une spéculation selon laquelle Londres serait le prochain centre offshore de RMB» selon Bei Xu, économiste chez Natixis. China Construction Bank a été désignée comme banque de règlement des échanges en renminbi à Londres. Le Chancelier de l'échiquier George Osborne a même estimé que La City concentrait déjà 56% des opérations de change en RMB en 2013, Hong Kong compris et Chine continentale exclue. Un niveau qui atteint 76% en retirant Hong Kong.
La cotation directe permettra en outre aux investisseurs d’économiser sur les coûts de transaction sur les taux de changes croisés. HSBC, qui assure déjà les cotations directes du RMB contre le yen et les dollars australien et néo-zélandais, a été choisi comme l’un des teneurs de marché officiels pour la cotation contre la livre sterling. Le fixing de la parité entre les deux devises sera annoncé avant chaque début de séance, et a été fixé ce matin à 10,4413.
Pourtant, «compte tenu des tailles de marché encore écrasantes du dollar/renminbi et du sterling/dollar, le sterling/renminbi sera principalement déterminé par le résultat des deux premiers», précise Bei Xu. A court terme, compte tenu de la dépréciation du renminbi contre dollar de 3,5% depuis mi-janvier, et du renforcement de la livre contre le billet vert de 14% depuis juillet 2013, la devise chinoise a toutes les chances de se déprécier par rapport à la livre.
L’effet sur l’activité des mesures de soutien budgétaire et monétaire mises en place par Pékin, devrait pourtant «entraîner une appréciation du RMB, dans la logique de rendre la devise davantage déterminée par l'évolution macroéconomique, et grâce à une amélioration de la confiance des investisseurs», estime BNP Paribas IP. Même si «un retour à une appréciation continue est également peu probable», ajoute la société de gestion GaveKal.
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