Le renchérissement du yen pourrait justifier une intervention rapide de la BoJ
Le yuan perd du terrain face au billet vert, mais aussi face au yen qui l’a lui aussi remplacé au rang des valeurs refuge. Alors que la monnaie nippone se renchérit face à la devise de son grand concurrent chinois, certains analystes y voient le signe à court terme d’une probable intervention d’ampleur des banquiers centraux japonais sur le marché des changes.
Pour les analystes de Citi, on se rapproche en effet du niveau de parité yuan/yen qui avait conduit par le passé à une action de la banque centrale japonaise. «L’évolution de la parité yuan/yen est un bon indicateur pour signaler une intervention du gouvernement japonais», jugent-ils dans une note. Depuis le mois de mars, le yuan s’est déprécié par rapport au dollar tandis que la parité yuan/yen a décliné autour de 12,2. Or, le seuil d’intervention observé jusque-là se matérialise aux alentours de 12.
«Dans les prochaines semaines, la banque centrale du Japon (BoJ) pourrait être amenée à lancer une intervention massive comme elle l’a déjà fait à plusieurs reprises par le passé», confirme de son côté Jean-Louis Mourier, économiste chez Aurel BGC. Encore faut-il pour cela que l’environnement s’y prête. «La BoJ devra attendre qu’une fenêtre de tir s’ouvre et éviter d’agir lors d’une phase rapide de hausse pour que cela soit réellement efficace», ajoute-t-il.
Le 31 octobre dernier, les autorités japonaises avaient déjà lancé une vente massive de yens sur les places financières pour affaiblir le cours de la devise nippone qui venait alors de battre tous les records face au dollar. Au cours des deux dernières années, le gouvernement japonais a ainsi été amené à intervenir quatre fois sur le marché des changes afin de redonner de l’oxygène à l’économie japonaise.
Les turbulences de l’économie européenne et les craintes entourant la capacité des Etats-Unis à rebondir poussent les investisseurs à constituer des réserves en yens. Par ailleurs, l’Archipel présente d’autant plus d’attrait aux yeux des marchés que le pays est actuellement sur la voie du redressement après le tsunami de 2011. Selon les prévisions du FMI annoncées mi-juin, l’économie devrait croître de 2% en 2012 avant de ralentir légèrement en 2013.
Plus d'articles du même thème
-
Le marché salue les performances de Deutsche Bank au deuxième trimestre
La banque allemande a publié un bénéfice net record de 1,9 milliard d’euros au deuxième trimestre 2026 et juge le second semestre bien engagé. Le contexte domestique, entre réforme des retraites et relance des investissements dans les infrastructures et dans l'armement, devrait amener le groupe à dépasser les objectifs fixés pour 2028. -
UBS séduit les investisseurs avec 3 milliards de dollars de rachats d'actions
La banque suisse a enregistré une forte hausse de ses bénéfices au deuxième trimestre, mais elle reste sous la menace d'une évolution réglementaire défavorable sur son marché domestique. -
La croissance des salaires en zone euro devrait remonter légèrement d’ici à 2027
Certains décideurs de la Banque centrale européenne (BCE) s’alarment des risques d’effets de «second tour» via une boucle prix-salaires, après la hausse de l’inflation énergétique liée au conflit en Iran. Les hausses de salaires anticipées au travers du «wage tracker» publié mercredi resteraient pourtant a priori modérées. -
Bureau Veritas se montre plus confiant pour 2026 après un deuxième trimestre solide
L'entreprise française a annoncé relever ses objectifs annuels après un bon premier semestre, marqué par une accélération de la croissance organique au deuxième trimestre et des acquisitions dans ses domaines à forte croissance. -
Solvay confirme ses objectifs pour 2026, l'Ebitda a fondu au deuxième trimestre
Pour l'ensemble de l'exercice en cours, Solvay table toujours sur un excédent brut d'exploitation (Ebitda) sous-jacent compris entre 770 millions et 850 millions d'euros, ainsi que sur un flux de trésorerie disponible d'au moins 200 millions d'euros. -
Sopra Steria et Alten rassurent les investisseurs sur la menace IA
Les deux spécialistes du conseil et des services informatiques ont relevé leurs objectifs de croissance. Ils rebondissent nettement en Bourse alors que l’impact du développement de l’intelligence artificielle sur leurs activités inquiétait les investisseurs.
ETF à la Une
T. Rowe Price crée le poste de responsable des solutions ETF pour la région EMEA
- La gestion d'actifs sauve tout juste les résultats de Lazard
- Amundi met en place deux ETF sur les puces mémoire et les centres de données
- Nicolas Calcoen rejoint le conseil d’administration de Victory Capital
- BNP Paribas collecte 6 milliards d’euros en gestion d’actifs au deuxième trimestre 2026
- La Commission des sanctions de l’AMF inflige 420.000 euros d’amendes à Uzès Gestion et ses ex-dirigeants
Contenu de nos partenaires
-
Série 12/28Un été d'essais politiques : Charles Millon, à droite toute
SERIE. Pour l'Opinion, notre chroniqueur Bernard Quiriny a rouvert des essais politiques d’hier à aujourd’hui, des classiques incontournables aux livres de circonstance oubliés -
Série d'étéMoi, Monique Canto-Sperber, présidente : « Je proposerais de construire une société de libertés et de paix civile »
SERIE. La philosophe et figure du libéralisme en France se met dans la peau du futur locataire de l'Elysée et liste ses premières décisions -
La City contre-attaqueLa Lady Mayor, à la fois reine, ambassadrice et VRP de la City
SERIE (4/10). Cet été, l’Opinion vous invite à découvrir les transformations économiques, physiques, sociales et culturelles de la place financière de Londres depuis le Brexit. Le Lord-maire, poste occupé cette année par Susan Langley et qui remonte au 12e siècle, règne presque comme un roi, le temps de son mandat, sur la City.