Le rejet de l’accord fiscal avec Berlin pénalise les banques suisses
Rubik tourne au casse-tête insoluble en Allemagne. L’accord fiscal signé entre Berlin et Berne a été rejeté vendredi par le Bundesrat malgré les efforts du ministre des Finances Wolfgang Schaüble, alors que la chambre basse du parlement allemand, le Bundestag, l’avait approuvé. Ce revers inattendu fait un perdant: les banques privées suisses, en particulier les plus petites.
La Suisse a déjà signé avec le Royaume-Uni et l’Autriche des accords Rubik bilatéraux, qui ont été ratifiés par les parlements concernés.
Les textes chargent les banquiers suisses de prélever ponctuellement une pénalité sur les avoirs non déclarés des ressortissants des pays signataires, puis un impôt libératoire à la source les années suivantes, à des taux fixés Etat par Etat. L’opération permet en contrepartie de régulariser ces avoirs, et surtout de préserver le secret bancaire. La Confédération helvétique négocie d’autres accords Rubik avec l’Italie et la Grèce, et veut en faire le modèle alternatif à l’échange de données entre administrations fiscales, qui reste privilégié en revanche par la France.
En théorie, l’accord germano-suisse n’est pas totalement enterré. Une issue pourrait être trouvée avec la tenue d’une commission de conciliation entre les deux chambres du parlement allemand. Mais celle-ci n’a pas le pouvoir de changer les termes d’un texte signé entre les deux Etats. Le gouvernement d’Angela Merkel doit décider cette semaine de la marche à suivre.
Le statu quo mettra les banques privées suisses et leur clientèle un peu plus sous pression. Pendant que l’accord Rubik se préparait à être ratifié outre-Rhin, plusieurs Länder, dont celui de Rhénanie du Nord-Westphalie, ont acquis des listings de comptes en Suisse détenus par des Allemands. Ils ont ainsi pu lancer des raids sur les biens, situés en Allemagne, de ces clients.
Le montant des avoirs non déclarés détenus par des citoyens allemands chez les gestionnaires de fortune suisses est évalué à 200 milliards d’euros.
«Les banques ont deux problèmes, résume Teresa Nielsn, analyste chez Vontobel citée par le FT. Un, leurs clients allemands pouvaient espérer profiter de l’accord pour déclarer leur fortune. Deux, elles ne peuvent pas pour le moment démarcher de clients en Allemagne tant que l’accord n’est pas ratifié».
Plus d'articles du même thème
-
Le Crédit Mutuel Alliance Fédérale change de directeur général
La banque mutualiste a annoncé la nomination de Claude Koestner. Il remplace Eric Petitgand qui avait pris ses fonctions en avril 2024. -
La Belgique va céder 20% de sa participation dans la banque Belfius
Bruxelles a lancé ce processus de cession dans le but de réduire sa dette et d'augmenter ses dépenses de défense. Le fonds de capital-investissement CVC envisagerait l'acquisition de la participation belge. -
IA et gestion de patrimoine : la fin du conseiller bancaire standardisé, l’avènement du conseiller augmenté
L’intelligence artificielle est souvent présentée comme une menace pour les métiers du conseil. Dans la banque et la gestion de patrimoine, le débat est généralement posé
de manière binaire : la technologie remplacera-t-elle demain les conseillers humains ? -
Le défi de l’IA en entreprise est autant humain que technologique
L’enquête de Baker Tilly pointe la crainte des dirigeants d’une pénurie de talents, ainsi qu’une attention perfectible à la protection des données face au rythme d’innovation. -
Pictet boucle son sixième fonds de co-investissement à 1,53 milliard de dollars
Le gérant revendique un multiple moyen de 3,1 fois la mise sur les investissements réalisés au travers des précédents vintages de Monte Rosa Co-Investments. -
L'essor des ETF crypto profite à BlackRock et Fidelity
La pression sur les frais et la chute des encours a déjà fait des victimes parmi les acteurs établis.
ETF à la Une
Exposition au MSCI World au coût le plus bas du marché
- Derrière l’affaire Uzès Gestion, la délicate question de la direction de fait
- La stratégie d'investissement de détail européenne provoque une poussée de fièvre côté français
- L'allègement du reporting ESG divise à Bruxelles
- RockFi s'appuie sur BlackRock pour démocratiser la personnalisation du conseil
- WisdomTree rejoint la course aux ETF spatiaux en Europe
Contenu de nos partenaires
-
Sélection - Gestion de PatrimoineEpargne : quelles sont les bonnes solutions à long terme ?
Face à des retraites incertaines et des marchés volatils, la tontine, vieille de quatre siècles, séduit par sa fiscalité avantageuse et sa promesse de capitalisation à long terme sans prélèvements immédiats -
Corse : 5 adresses confidentielles pour s’échapper hors des sentiers battus
Entre les plages de sable fin de Porto-Vecchio, les falaises de Bonifacio et les calanques de Piana classées au patrimoine mondial de l’UNESCO, la Corse attire chaque année des milliers de voyageurs. Pourtant, l’Île de Beauté révèle un tout autre visage lorsque l’on s’éloigne des itinéraires les plus fréquentés. La preuve par 5 ! -
Après l’affaire Lyhanna, la justice face au défi d’examiner 70 000 enquêtes en un mois
Après le choc de l’affaire Lyhanna, Gérald Darmanin a demandé aux procureurs généraux de passer au crible 70 000 enquêtes préliminaires pour violences sexuelles sur mineurs. Une tâche massive, à mener avant le 14 juillet