Le recul des dépôts des banques auprès de la BCE demande à être confirmé
La baisse à 1% de son taux de facilité a fait chuter les dépôts de 184,1 milliards à 111,4 milliards d’euros, entre le 20 et le 21 janvier
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Tân Le Quang
Les 315,4 milliards d’euros de dépôts effectués le 9 janvier par les banques de la zone euro auprès de la BCE témoignent de la gravité de la crise de confiance interbancaire. Afin de la résorber, l’institution a décidé d'élargir à nouveau le 21 janvier son corridor de facilités de 100 à 200 points de base (pb), en réduisant de 50 pb son taux de dépôts à 1% et en relevant de 50 pb celui de son prêt marginal à 3%. En octobre, le premier taux offrait encore un rendement de 3,25% ! Cette décision de rendre moins attractif le taux rémunérant les dépôts (100 pb de moins que les taux directeurs) a eu les effets escomptés. Les volumes quotidiens ont chuté, passant de 184,1 milliards d’euros, le 20 janvier, à 111,4 milliards, le 21 janvier. Un niveau proche des 101 milliards enregistrés le 10 décembre, date à laquelle le taux de dépôt a été ramené de 2,75% à 2%.
Mais il est trop tôt pour crier victoire. Le 22 janvier, les dépôts ont rebondi à 189,1 milliards d’euros. Si le spread entre l’Euribor 3 mois et le refi s’est effondré depuis octobre de 145 pb à 19 pb vendredi, l'écart entre le taux interbancaire et le taux directeur anticipé, que mesure le taux OIS (overnight interest swap), se situait encore à 102 pb, contre 5 pb avant la crise. Pour BNP Paribas, cela suggère que «l’accalmie sur les taux interbancaires n’est pas synonyme d’une normalisation, mais traduit un report de la demande de liquidité bancaire du marché vers le guichet des banques centrales». De plus, l’encours des opérations d’open-market de la BCE s'élevait jeudi à 840 milliards, contre 460 milliards il y a quatre mois.
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