Le ralentissement de l’activité industrielle chinoise se poursuit

La chute des profits industriels atteint 6,2% en rythme annuel en août, à 47 milliards d’euros. Il s’agit du cinquième mois consécutif de baisse
Patrick Aussannaire

Les signes d’inquiétudes se multiplient en Chine. Les profits des groupes industriels chinois ont chuté pour le cinquième mois consécutif en août pour tomber à 381,2 milliards de yuans (47 milliards d’euros), selon les chiffres publiés ce matin par le Bureau national des statistiques. La baisse atteint ainsi 6,2% en rythme annuel au mois d’août, après une baisse de 5,4% en juillet et de 1,7% en juin. Sur les huit premiers mois de l’année, les profits sont en recul de 3,1% à 3.060 milliards, après celui de 2,7% enregistré fin juillet et une hausse de 28,2% un an plus tôt. Une érosion des profits due à un fort ralentissement des ventes qui ont progressé de 10,2% sur la période à 57.600 milliards de yuans, après 29,9% un an plus tôt.

Une situation qui «ne devrait pas connaître d’amélioration avant début 2013, voire mi-2013» estime Joy Yang, chef économiste chez Mirae Asset Securities. Wuhan Iron & Steel, le quatrième sidérurgiste du pays, a indiqué qu’il s’attendait à une chute de son résultat net de plus de 50% sur les neuf premiers mois de l’année, du fait de la baisse des prix et du ralentissement de la demande. L’indice PMI manufacturier HSBC s’est enfoncé sous le seuil de contraction en août, à 47,6, son plus bas niveau depuis mars 2009, après 49,3 en juillet. Il s’agit du dixième mois de détérioration consécutive de l’activité manufacturière en Chine.

Dans ce contexte, «la banque centrale doit conserver un niveau de liquidité suffisant pour favoriser la croissance» estime Joy Yang. Alors que les marchés s’attendent à une nouvelle baisse du ratio des réserves obligatoires (RRO), la PBOC s’est contentée d’injecter cette semaine un montant net de 365 milliards de yuans dans le système financier par le biais de ses opérations de «reverse repo» pour faire face à la semaine fériée qui débute.

Pékin avait fait état de sa volonté de voir la PBOC renforcer ses opérations d’«open market» (OMO). L’injection de liquidités par les OMO pourrait ainsi se substituer aux ajustements par le RRO, selon Frances Cheung, stratégiste chez CA-CIB. Et d’ajouter que «la PBOC pourrait être réticente à baisser le RRO dans le cycle actuel, afin d’éviter d’encourager un accroissement des prêts bancaires». Frances Cheung prévoit une croissance à 7,7% cette année, un niveau en ligne avec les prévisions du gouvernement et qui ne nécessite pas d’ajustement monétaire plus important malgré un fort aplatissement de la courbe.

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