Le programme de la BCE commence à produire ses effets sur le crédit

Les banques européennes ont indiqué avoir utilisé les liquidités fournies par le TLTRO de la BCE pour accroître leur distribution de crédits.
Patrick Aussannaire

Le vaste arsenal monétaire mis en place par la BCE commence à produire ses effets sur le crédit en zone euro. Les banques de la zone interrogées dans le cadre de la dernière «Bank Lending Survey» ont rapporté un nouvel assouplissement plus important que prévu des conditions de crédit aux entreprises au premier trimestre. Un solde net positif de 9% des banques dit avoir assoupli les conditions de crédit sur le trimestre écoulé, contre 5% trois mois auparavant, et un solde net de 1% s’attend à les assouplir sur les trois prochains mois. «La transmission de la politique ultra-accommodante de la BCE continue de s’améliorer, les PME bénéficiant également des conditions de prêts plus favorables, notamment en Espagne et en Italie», estime CA CIB.

En revanche, la demande nette de prêts a progressé mais à un rythme plus faible de 6%, contre 18% au dernier trimestre 2014, et presque entièrement tirée par la demande des entreprises espagnoles. En outre, la demande de prêts pour les investissements en capital fixe s’est contractée de 6% principalement sous l’effet des entreprises françaises et allemandes, après une hausse de 11% fin 2014. Si le solde net positif de 39% des banques anticipant une amélioration de la demande au deuxième trimestre est désormais le taux le plus élevé depuis le lancement de l’enquête début 2013, ING rappelle néanmoins qu’au «cours des dernières années, la demande réelle de crédit a presque systématiquement été plus faible que les attentes des banques».

Interrogées sur les effets du programme de rachats d’actifs (APP) de la BCE après la demande plus importante que prévu lors du dernier TLTRO qui a rassemblé 98 milliards d’euros, les banques ont indiqué avoir majoritairement utilisé leurs liquidités supplémentaires pour la distribution des crédits aux entreprises, immobiliers et à la consommation, et prévoient même de poursuivre cette démarche au cours des prochains mois.

Elles ont également mis en avant son impact positif sur les conditions de crédit, en particulier envers les entreprises, alors que «le facteur manquant à une reprise durable de l’activité reste l’investissement qui a contribué négativement à la demande de prêt», comme le souligne CA CIB. Un argument dont devrait se prévaloir Mario Draghi aujourd’hui à l’issue de la réunion du Conseil des gouverneurs de la BCE pour souligner l’efficacité attendue du QE.

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