Le premier défaut sur le marché obligataire chinois en annonce d’autres
Après Chaori, Pékin pourrait laisser d’autres sociétés faire défaut, ce qui conduirait à une hausse des primes de risque sur le marché chinois
Publié le
Patrick Aussannaire
Pékin tente de gérer le premier défaut enregistré sur le marché obligataire chinois. Après avoir reconnu officiellement qu’elle ne sera pas en mesure de faire face à une échéance de 89,8 millions de yuans (10,7 millions d’euros) d’intérêts dus sur une ligne d’un milliard d’obligations émises en 2012 et qui arrivent à maturité en 2017, la société Chaori Solar Energy Science & Technology basée à Shanghai est à la recherche d’acheteurs internationaux de ses panneaux solaires, selon son vice-président, Liu Tielong.
Guangfa Bank et China Citic Bank qui s’étaient engagées à fournir une rallonge de crédits de millions de yuans en cas de manque temporaire de trésorerie, semblent faire marche arrière.
«Les panneaux solaires valent plus d’un milliard de yuans, ce qui est plus que suffisant pour couvrir nos intérêts obligataires», insiste Liu Tielong. Le rendement variable des titres a explosé de 8,98% lors de leur émission à 22% le 8 juillet 2013, avant que leur cotation soit interrompue. L’agence Pengyuan Credit Rating les avait dégradés de BBB+ à CCC le 5 mai dernier.
«Le gouvernement tente d’envoyer un signal aux marchés qu’il existe des risques sur tout investissement réalisé. Cette société est si petite et en difficulté qu’un défaut aura peu d’impact sur le marché», estime S&P.
Ce défaut réduit certes l’aléa moral, mais ravive les inquiétudes quant aux possibles conséquences sur le système bancaire d’une avalanche de défauts d’entreprises financées par l’intermédiaire de sociétés fiduciaires («trust loans»). Or, 2.700 milliards de yuans d’obligations d’entreprises et 1.200 milliards de «trust loans» arrivent à maturité cette année, et la dette des sociétés non financières cotée en Chine et à Hong Kong s’est envolée à 1.980 milliards de dollars, contre 607 milliards fin 2007. «Le début d’une série de défauts pourrait conduire à un ajustement des primes de risque de crédit des entreprises, avec l’abandon de la garantie implicite systématique du gouvernement envers les sociétés en difficultés», estime Fitch.
Parmi les sociétés cotées, 63 ont ratio d’endettement sur fonds propres supérieur à 400%, contre une moyenne de 73%, selon Bloomberg. Parallèlement, Seuls 22 cas d’impossibilité de remboursement de «trust loans» pour une valeur totale d’actifs limitée de 13,7 milliards de yuans ont été rapportés par la presse depuis 2012, selon Barclays. Celle-ci estime que des défauts réduiraient les résultats des banques chinoises de 6% à 9%.
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