Le premier défaut sur le marché obligataire chinois en annonce d’autres
Pékin tente de gérer le premier défaut enregistré sur le marché obligataire chinois. Après avoir reconnu officiellement qu’elle ne sera pas en mesure de faire face à une échéance de 89,8 millions de yuans (10,7 millions d’euros) d’intérêts dus sur une ligne d’un milliard d’obligations émises en 2012 et qui arrivent à maturité en 2017, la société Chaori Solar Energy Science & Technology basée à Shanghai est à la recherche d’acheteurs internationaux de ses panneaux solaires, selon son vice-président, Liu Tielong.
Guangfa Bank et China Citic Bank qui s’étaient engagées à fournir une rallonge de crédits de millions de yuans en cas de manque temporaire de trésorerie, semblent faire marche arrière.
«Les panneaux solaires valent plus d’un milliard de yuans, ce qui est plus que suffisant pour couvrir nos intérêts obligataires», insiste Liu Tielong. Le rendement variable des titres a explosé de 8,98% lors de leur émission à 22% le 8 juillet 2013, avant que leur cotation soit interrompue. L’agence Pengyuan Credit Rating les avait dégradés de BBB+ à CCC le 5 mai dernier.
«Le gouvernement tente d’envoyer un signal aux marchés qu’il existe des risques sur tout investissement réalisé. Cette société est si petite et en difficulté qu’un défaut aura peu d’impact sur le marché», estime S&P.
Ce défaut réduit certes l’aléa moral, mais ravive les inquiétudes quant aux possibles conséquences sur le système bancaire d’une avalanche de défauts d’entreprises financées par l’intermédiaire de sociétés fiduciaires («trust loans»). Or, 2.700 milliards de yuans d’obligations d’entreprises et 1.200 milliards de «trust loans» arrivent à maturité cette année, et la dette des sociétés non financières cotée en Chine et à Hong Kong s’est envolée à 1.980 milliards de dollars, contre 607 milliards fin 2007. «Le début d’une série de défauts pourrait conduire à un ajustement des primes de risque de crédit des entreprises, avec l’abandon de la garantie implicite systématique du gouvernement envers les sociétés en difficultés», estime Fitch.
Parmi les sociétés cotées, 63 ont ratio d’endettement sur fonds propres supérieur à 400%, contre une moyenne de 73%, selon Bloomberg. Parallèlement, Seuls 22 cas d’impossibilité de remboursement de «trust loans» pour une valeur totale d’actifs limitée de 13,7 milliards de yuans ont été rapportés par la presse depuis 2012, selon Barclays. Celle-ci estime que des défauts réduiraient les résultats des banques chinoises de 6% à 9%.
{"title":"","image":"80795»,"legend":"Emissions sur les cr\u00e9dits»,"credit":""}
Plus d'articles du même thème
-
GameStop veut s'offrir eBay pour 56 milliards de dollars
Le distributeur de jeux vidéo, emblématique de la période des «meme-stocks», propose une transaction à moitié en cash et à moitié en actions sur le spécialiste du e-commerce qui affiche une capitalisation quatre fois supérieure à la sienne. -
EXCLUSIFOfi Invest AM choisit un ex-Axa IM comme directeur des gestions
Christophe Herpet succède à Eric Bertrand, nommé directeur général de la société de gestion. -
AP2 a dépassé son objectif de réduction des émissions de gaz à effet de serre en 2025
Le fonds de pension suédois vient de publier le résultat de ses engagements en matière d’investissement durable pour 2025. -
Les fonds actions font le plein sur la dernière semaine d’avril
La collecte est tirée par les fonds actions US et actions japonaises, selon le Flow Show. Les fonds obligataires ont également le vent en poupe. -
L’AFG va envoyer une délégation au Canada en novembre
L’Association française de la gestion (AFG) est en train de mettre sur pied une délégation pour se rendre dans la capitale canadienne Toronto, les 23 et 24 novembre 2026. -
Le régulateur britannique introduit ses règles sur la numérisation de fonds
La Financial Conduct Authority apporte des clarifications sur la tenue du registre numérique des porteurs de parts de fonds.
ETF à la Une
BlackRock émet un nouvel ETF actif dédié à la dette des marchés émergents
- Amundi excède nettement les attentes au premier trimestre 2026
- iShares lance quatre ETF en lien avec le mouvement de démondialisation
- L'IA pourrait réduire les coûts des gestionnaires d’actifs de 25% à 35% d'ici à cinq ans
- AllianzGI va bientôt lancer ses premiers ETF actifs en Europe
- Nordea AM remporte un mandat de près de 1 milliard d’euros auprès d’ABN Amro IS
Contenu de nos partenaires
-
Carburants : l'aide pour les grands rouleurs disponible à partir du 27 mai
La plateforme pour obtenir l'indemnité carburant de 50 euros sera ouverte à partir du 27 mai prochain, a annoncé dimanche le gouvernement. Le dispositif est destiné aux trois millions de travailleurs modestes « grands rouleurs » -
GameStop veut racheter eBay pour concurrencer Amazon
New York - La chaîne américaine de magasins de jeux vidéo GameStop a adressé dimanche au site de vente sur Internet eBay une offre de rachat non sollicitée portant sur environ 55,5 milliards de dollars pour «en faire un vrai concurrent» du géant Amazon. -
Donald Trump annonce un déblocage du détroit d'Ormuz et des discussions « très positives » avec l'Iran
Washington - Donald Trump a annoncé une opération à partir de lundi pour débloquer des navires coincés depuis deux mois dans le Golfe et évoqué des discussions «très positives» avec l’Iran, qui a soumis un plan en 14 points pour résoudre le conflit avec les Etats-Unis. Avec un changement de ton radical par rapport à la veille, le président américain, qui a déclenché les hostilités contre l’Iran le 28 février avec Israël, a évoqué dimanche soir «un geste humanitaire» et de «bonne volonté», au moment où des discussions semblent se concrétiser entre Washington et Téhéran par l’intermédiaire du Pakistan. A partir de lundi matin heure locale, la marine américaine escortera au travers du détroit d’Ormuz des navires de pays «qui n’ont rien à voir avec le conflit au Moyen-Orient», a annoncé Donald Trump sur sa plateforme Truth Social. Il a toutefois averti que si cette opération, baptisée Project Freedom («Projet Liberté»), devait être entravée par l’Iran, cela «devrait malheureusement être traité par la force». Depuis le début des hostilités, l’Iran bloque le détroit d’Ormuz, par lequel transite d’ordinaire un cinquième de la consommation mondiale de pétrole. Washington a répliqué début avril en bloquant à son tour les ports iraniens. Le nombre de navires commerciaux présents dans le Golfe s'élevait à 913 le 29 avril, dont 270 pétroliers et une cinquantaine de navires gaziers, a indiqué jeudi l’entreprise spécialisée dans le suivi maritime AXSMarine. Quelque 20.000 marins seraient concernés, selon un haut responsable de l’agence de sécurité maritime britannique UKMTO. «Beaucoup de ces navires subissent des pénuries de nourriture et de tout ce qui est nécessaire pour permettre aux équipages de rester à bord de façon saine», a souligné Donald Trump. Encore vendredi, son administration avait mis en garde les navires qui paieraient les autorités de Téhéran pour passer le détroit d’Ormuz, les avertissant qu’ils s’exposaient à des sanctions. Le blocage du détroit a fait flamber les cours du pétrole au plus haut depuis 2022 et l’invasion de l’Ukraine par la Russie. Les prix se replient lundi à la reprise des échanges sur les marchés asiatiques, avec un baril de Brent, la référence mondiale, en baisse d’environ 1,5% autour de 106 dollars, bien loin des 126 dollars dépassés jeudi. «Je peux vous dire que nous sommes en train d’asphyxier le régime, qu’ils ne sont plus en mesure de payer leurs soldats», a assuré le ministre américain au Trésor, Scott Bessent, en référence au blocus des ports iraniens. «Au cimetière» Depuis le début de la guerre, qui a fait des milliers de morts, surtout en Iran et au Liban, Téhéran a instauré de facto des droits de passage pour franchir le détroit. Un conseiller militaire du nouveau guide suprême Mojtaba Khamenei a encore menacé dimanche de couler des navires de guerre des Etats-Unis et d’envoyer leurs forces «au cimetière», qualifiant Washington de «pirate». La situation entre les deux pays est bloquée depuis l’entrée en vigueur d’un cessez-le-feu le 8 avril, après quasiment 40 jours de frappes israélo-américaines sur l’Iran et de représailles de Téhéran dans la région. Entre le détroit d’Ormuz et le volet nucléaire, les points de discorde restent si importants que les efforts pour relancer les négociations ont échoué, malgré une première rencontre directe au Pakistan le 11 avril. Pour redonner une chance aux discussions, Téhéran a soumis une nouvelle proposition à Washington, qui y a répondu, a indiqué dimanche la diplomatie iranienne. «La partie américaine (...) a transmis ses points de vue à la partie pakistanaise; nous examinons cela et formulerons la réponse appropriée», a déclaré le porte-parole du ministère iranien des Affaires étrangères, Esmaïl Baghaï. Donald Trump avait affirmé samedi qu’il allait étudier la proposition, sans pouvoir imaginer qu’elle soit «acceptable». Le président américain doit choisir entre «une opération militaire impossible ou un mauvais accord avec la République islamique», ont rétorqué les Gardiens de la révolution, l’armée idéologique iranienne. Selon l’agence Tasnim, Téhéran réclame dans son plan en 14 points: le retrait des forces américaines des zones proches de l’Iran, la levée du blocus des ports iraniens et du gel des avoirs du pays, le financement de réparations, la levée des sanctions, un «mécanisme» concernant le détroit d’Ormuz et «la fin de la guerre sur tous les fronts y compris au Liban». Le dossier nucléaire ne figure apparemment pas dans le plan, or il s’agit d’une question centrale pour les Etats-Unis et Israël, qui accusent l’Iran de vouloir se doter de la bombe atomique - ce que l’intéressé dément. Sur le front libanais, après avoir de nouveau appelé des localités du sud du pays à évacuer, Israël a mené des frappes qui ont fait un mort et blessé huit personnes, dont quatre secouristes, a annoncé le ministère libanais de la Santé. les bureaux de l’AFP à Téhéran et Washington © Agence France-Presse