Le Portugal profite de l’effet BCE pour rembourser ses dettes sans heurts

Le remboursement des 14 milliards d’euros de prêts du FMI devrait entraîner une hausse modeste des besoins de financement du pays d’ici à 2017.
Patrick Aussannaire

Le Portugal semble sur de bons rails. Le pays a officiellement demandé hier à ses créanciers de l’Union européenne le droit de rembourser par anticipation dans un délai de deux ans et demi le prêt de 14 milliards d’euros que lui a octroyé le FMI lors de son plan de sauvetage.

En prenant l’hypothèse d’une programme de remboursement identique à celui de l’Irlande, étalé à hauteur de 5 milliards d’euros sur 2015 et 2016 et 4 milliards en 2017, Nomura estime que les besoins de financements supplémentaires pour le pays seraient «modérés» et «facilement absorbés par le marché». Ils seraient ainsi limités à 18,1 milliards cette année, soit 4,5 milliards de plus que prévu, 11 milliards en 2016 (2,4 milliards de plus) et 15,9 milliards sur 2017 (400 millions de plus).

Fitch pourrait même faire revenir le pays en catégorie investissement dès le 27 mars, à l’occasion de la prochaine revue de sa notation «BB+», placée sous surveillance positive en avril 2014. Dans ses projections d’automne, la Commission européenne table sur une légère reprise de la croissance du PIB à 1,6% cette année, puis 1,7% en 2016, après 1% en 2014. Une prévision pour cette année inférieure à celle de Fitch (1,9%), mais supérieure à celle formulée par le FMI dans son dernier rapport sur le pays publié fin janvier. En outre, «contrairement à l’Espagne, aucun parti radical ne semble émerger» pour les élections qui se tiendront en octobre au Portugal, selon Barclays qui prévoit ainsi un resserrement des spreads entre les taux des deux pays.

D’autant que «les PGB (obligations d’Etat portugaises) devraient plus bénéficier des achats de la BCE que les obligations équivalentes, car la contrainte liée à la contribution de chaque pays au capital de la BCE forcera les banques centrales nationales à acheter tous les titres éligibles portugais en grande quantité», rappelle SG CIB. Le Portugal se finance actuellement à 0,27% à 2 ans, sur les mêmes niveaux que l’Espagne et seulement 50 pb au-dessus de l’Allemagne, et à 2,54% sur 10 ans, soit 100 pb de plus que l’Espagne et 200 pb de plus que l’Allemagne.

Alors que la dette publique devrait revenir à 126% du PIB fin 2015, le Portugal souffre d’une dette privée supérieure à celle de la Grèce. Plus de 50% des entreprises ont ainsi un ratio dette nette / Ebitda supérieur à 50%, alors que la dette des ménages atteint 133% de leurs revenus.

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