Le Portugal laisse planer le doute sur les conditions de son sauvetage
Le Portugal s’en sort bien. Le Premier ministre, José Socrates a annoncé hier qu’un accord a été conclu avec l’Union européenne (UE) et le FMI sur un programme de renflouement d’un montant de 78 milliards d’euros étalé sur trois ans. Une partie de ce montant pourrait être alloué au système bancaire du pays dans le cas où les établissements auraient besoin d’une aide pour renforcer leurs capitaux propres, selon le Wall Street Journal qui cite des sources proches. Si Banco Espírito Santo, Banco BPI et Banco Comercial Português ont indiqué ne pas avoir besoin des fonds du programme d’aide, José Socrates a levé le voile sur une possible privatisation de la Caixa Geral de Depósitos, qui ne sera pas nécessaire.
Dans une allocution télévisée, José Socrates a indiqué que l’accord était certes exigeant mais que les contreparties à l’aide apportée par ses voisins européens étaient moins contraignantes que celles de la Grèce et de l’Irlande. En effet, tout scénario de privatisation de la sécurité sociale, baisse des salaires minimum, licenciements dans le secteur public, ou réforme des retraites semble aujourd’hui écarté, et les salariés ne verront pas leur 13e et 14e mois de salaire remis en cause. Assurant l’intérim du pouvoir jusqu’aux élections du 5 juin prochain après avoir présenté la démission de son gouvernement, José Socrates n’a pas caché sa satisfaction en estimant que «le Portugal peut être rassuré». L’UE et le FMI ont d’ailleurs précisé que «la situation du Portugal est loin d’être aussi inquiétante que celle des autres pays».
Pourtant, le pays doit réduire son déficit à 5,9% du PIB cette année, alors que Lisbonne visait jusque là 4,6%, puis à 4,5% en 2012 et à 3% en 2013, au lieu de 3% et 2% précédemment projetés. Or, le gouvernement indiqué qu’il avait finalement atteint 9,1% du PIB en 2010, soit 1,8 point de plus que l’objectif initial avec une croissance atone.
Malgré le satisfecit du gouvernement, la question épineuse des conditions de taux de l’aide reste en suspens. Le Crédit Agricole estime qu’un «taux concessionnel de 4,20% (comme celui octroyé à la Grèce) semble soutenable». Des précisions du l’UE et du FMI devraient être apportées jeudi. Le parlement doit ratifier l’accord d’ici mercredi, alors que le pays doit faire face au remboursement de plus de 9 milliards d’euros de dettes d’ici juin.
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