Le Portugal durcit ses mesures d’austérité pour atteindre ses objectifs budgétaires
Avec en ligne de mire un déficit réduit à 0,5 % du PIB en 2015, Lisbonne cible les hauts revenus et la fonction publique
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Antoine Duroyon
Sommé par le FMI et l’Union européenne de donner d’ici la fin août des précisions sur son programme d’austérité, le gouvernement portugais de centre-droit a présenté hier sa stratégie budgétaire de moyen terme (2011-2015). Malgré la persistance d’une récession pour encore deux ans (-2,2% en 2011 et -1,8% l’an prochain), Lisbonne entend ramener son déficit budgétaire à 5,9% du produit intérieur brut dès cette année. D’après les projections du gouvernement, la croissance devrait faire son retour en 2013 (+1,2%) avant de se fortifier en 2014 (+2,5%). A cette date, le déficit budgétaire est attendu à 1,8% du PIB, sous le seuil de référence défini par le traité de Maastricht.
Pour atteindre ces objectifs ambitieux, et dans le cadre du plan d’aide de 78 milliards d’euros, le gouvernement de Pedro Passos Coelho va demander au pays un effort sans précédent. Celui-ci incluera un accroissement des recettes via diverses contributions fiscales : une taxe de 3% sur les sociétés dégageant des bénéfices supérieurs à 1,5 million d’euros, une taxe de 2,5% sur les plus hauts revenus et un relèvement de l’impôt sur les gains en capitaux de 1 point de pourcentage, à 21%. La fonction publique va par ailleurs faire l’objet d’une sérieuse restructuration. Le gouvernement compte réduire de 2% par an le nombre de fonctionnaires sur 2012-2014, un chiffre deux fois plus élevé qu’attendu initialement. Les salaires seront gelés dans le secteur public en 2012 et 2013 et les dépenses publiques baisseront de 7 points de pourcentage d’ici à 2015.
C’est donc une ligne dure, visant à rassurer les marchés, que le gouvernement entend continuer de suivre. Mais cette sévérité risque d’entraver un retour de la croissance, estiment des économistes.
Elle vise en tout cas à se démarquer du bourbier grec. D’après le rapport des commissaires aux comptes du parlement grec publié hier, «la forte hausse de la dette, le déficit primaire élevé (...) ont exacerbé à l’extrême la dynamique de la dette, qui a échappé à tout contrôle». «Malgré le gigantesque effort d’ajustement budgétaire, aucun excédent primaire n’a été dégagé et, au contraire, le déficit primaire s’est creusé», assène ce panel d’experts nommé par le ministère des Finances.
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