«Le portage ne peut absorber la volatilité de marché»
- Comment voyez-vous l’évolution du marché du crédit d’ici à la fin de l’année dans un contexte de remontée de taux ?
- Julien Daire : Quand on regarde les 5 dernières phases de remontée de taux, elles ont toutes été favorables aux spreads de crédit puisqu’elles s’accompagnent d’une reprise de la croissance induisant une baisse des taux de défaut. Mais, sur un horizon plus court, le comportement du marché du crédit est davantage dépendant de l’ampleur de la normalisation des taux. En effet, il est vulnérable à une remontée violente car le portage ne peut absorber la volatilité de marché. C’est ce qui s’est notamment passé en mai-juin. Un tel scénario présente désormais une plus faible probabilité après la décision surprenante de la FED de maintenir inchangée sa politique accommodante.
Dans notre scénario central, les niveaux de taux actuels sont proches de nos cibles de fin 2013. La remontée devrait être plus graduelle. Dans ce contexte, nous restons positifs sur le crédit qui devrait continuer à bien se tenir d’autant plus que le carry reste toujours attractif dans cet environnement de taux bas. En effet, les spreads sont à des niveaux proches de leur moyenne historique et rémunèrent correctement le risque de défaut.
- Quels sont les segments de marché à privilégier ?
- Nous continuons de privilégier les dérivés de crédit par rapport aux obligations. En effet, les spreads des CDS sont en moyenne plus élevés que les spreads cash (base positive) et sont, par nature, immunisés contre le risque de taux. Par ailleurs, nous préférons la zone européenne par rapport à la zone américaine car elle est au début du cycle de reprise, période généralement la plus favorable aux spreads.
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