Le plongeon des indices européens offre un bon point d’entrée à court terme
Les investisseurs auront eu peu de temps pour reprendre leur respiration, le début du mois de juillet ayant été cinglant pour les marchés actions européens. Les raisons ? Toujours les mêmes: l’incapacité des responsables politiques européens et américains à mettre des points finaux à leurs ébauches de solutions. En effet, que ce soit outre-Atlantique avec la nécessité de relever le plafond de la dette publique des Etats-Unis pour faire face à leurs échéances proches, ou au sein de la zone euro avec la mise en place d’un second plan de relance pour venir en aide à l’économie grecque, les autorités peinent à trouver un accord définitif, même de court terme.
A ce jeu, les investisseurs ont fini par craquer et perdre confiance: l’EuroStoxx 50 a abandonné jusqu’à plus de 9% en moins de 7 jours au cours de la séance d’hier, portant la baisse à -13,4 % depuis le 29 avril et à -15 % depuis le 18 février, point haut de l’année. Le secteur financier en général, et bancaire en particulier, a mené la danse avec une véritable fuite de la part d’investisseurs inquiets par la hausse brutale des taux espagnols (6,3% pour l’échéance 10 ans en Espagne contre 5,3% au mois de mai) et italiens (6,1% en séance contre 4,7% au mois de mai). Conséquence, le secteur bancaire de la zone euro retrouve des niveaux de valorisation inconnus depuis le plus fort de la récession mondiale au début de l’année 2009. La purge a été d’une brutalité extrême: en cours de séance, la correction a atteint jusqu’à -18,3% en seulement 7 jours, portant la correction à -22,5% depuis le point haut des marchés du 29 avril, à -31,0% depuis le 17 février et à -43,7% depuis le point haut du secteur en octobre 2009…
Si les raisons d’être inquiets à moyen terme sont bien réelles, la réaction des investisseurs nous semble toutefois disproportionnée par rapport au profil économique en cours, à savoir un ralentissement plus qu’une récession pour les pays industrialisés. Comme nous l’indique le graphique ci-dessous, nous n’avons dénombré dans l’histoire boursière que 1,4% des cas pour lesquels l’EuroStoxx 50 a connu une correction de plus de 9,3% en seulement 7 jours ouvrés. Dans ces conditions, l’essentiel des mauvaises nouvelles nous semblant désormais bien intégré dans les cours boursiers, nous redevenons optimistes à court terme pour les marchés actions de la zone euro.
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