Le pétrole craint plus les risques économiques que politiques

Les prix du Brent ont cédé 10% en deux mois, redoutant plus les conséquences du ralentissement économique en Europe que le conflit en Irak
La Rédaction

Les tensions géopolitiques ont beau monter, en Irak ou en Libye, le pétrole continue de se replier. Hier, après une troisième sénce de baisse consécutive, les cours du Brent ont touché leurs plus bas niveaux des 9 derniers mois, avec un contrat à septembre à seulement 103,29 dollars le baril. En juin, au moment des premières percées en Irak des activistes de l'État islamique, le cours du baril de Brent était monté jusqu'à 115,71 dollars. Il a donc perdu 10% en deux mois. Le WTI reste pour sa part bien ancré sous le seuil des 100 dollars le baril, à 97,26 dollars hier.

Les combats en Irak, ou en Libye, n’ont donc pas perturbé le marché. Au contraire, les marchés pétroliers sont de mieux en mieux approvisionnés à la faveur notamment d’une forte augmentation de la production en Amérique du Nord, a souligné hier l’Agence internationale de l'énergie (AIE). Tout en notant, dans son rapport mensuel, que la situation dans certains pays producteurs de premier plan reste «plus que jamais risquée», l’AIE ajoute que le bassin Atlantique est potentiellement dans une situation d’offre surabondante.

Les stocks de Brent sont actuellement amplement suffisants pour couvrir les besoins de la zone Atlantique qui, à en croire les derniers chiffres publiés dans la zone euro, ne devraient pas fortement croître dans les prochains mois. Par ailleurs, si le groupe de services pétroliers Schlumberger s’est plaint de la situation en Russie hier, «il existe un consensus dans le secteur pour dire que les sanctions n’auront pas à court terme d’impact notable sur les livraisons», estime l’AIE. Le conflit entre la Russie et l’Ukraine pèse avant tout sur le climat économique russe et européen, donc sur la consommation de pétrole, pas sur l’exploitation. Face à la plus faible croissance de la consommation au deuxième trimestre, l’AIE a ainsi réduit son estimation de demande mondiale pour 2014 et 2015.

Par ailleurs, la production de l’Organisation des pays exportateurs de pétrole (Opep) a atteint un pic de cinq mois en juillet, avec 30,44 millions de baril par jour, portée par la hausse des livraisons de l’Arabie saoudite et de la Libye et ayant plus que compensé les baisses en Irak, en Iran et au Nigeria.

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