Le pari de la BoJ trouve un soutien inattendu de la part de Pékin
Le soutien de la Banque Populaire de Chine au FESF et au MES a fait rebondir l’euro et le dollar contre le yen après l’intervention de la BoJ hier
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Patrick Aussannaire
La Chine offre son soutien direct à l’Europe et indirect au Japon. A l’occasion de la visite en Chine du président du Conseil européen Herman Van Rompuy et du président de la Commission européenne José Manuel Barroso, le gouverneur de la Banque Populaire de Chine (PBOC), Zhou Xiaochuan, a assuré l’Europe de son soutien ainsi que de celui de l’ensemble des BRICs. «La Chine va continuer à investir dans les obligations souveraines européennes. Nous serons plus impliqués dans l’aide à la résolution de la crise de la dette européenne via le FESF et le MES» a-t-il indiqué.
Et de préciser les différents moyens d’interventiondont dispose la Chine : la banque centrale, le fonds souverain chinois CIC, qui s’est vu octroyé hier une rallonge de 50 milliards de dollars de la part de la PBOC, ainsi que la banque import-export. «La PBOC travaille en étroite collaboration avec la BCE. La PBOC soutient fermement les mesures récentes prises par la BCE pour lutter contre ces difficultés» a indiqué Zhou Xiaochuan.
Des déclarations qui ont fait chuter le yen à 103,30, un plus bas depuis deux mois contre euro, et à 78,52 (contre 78,44 hier) contre dollar après avoir touché un plus bas depuis le 1er novembre à 78,66. Une aubaine pour le Japon alors que la BoJ a annoncé hier une série de mesures pour affaiblir le yen. Elle a augmenté de 10.000 milliards de yens (100 milliards d’euros), soit 2,1% du PIB nominal, la taille de son programme d’achat d’actifs jusqu’à fin 2012 pour le porter à 65.000 milliards de yens.
La fixation d’un objectif d’inflation plus explicite de 1% envoie le signal d’une politique monétaire durablement accommodante. Jusqu’à présent, la BoJ restait assez timide par rapport à la Fed, la BoE, la BNS ou la BCE, qui mènent des politiques monétaires plutôt négatives pour leur devise respective au détriment du yen et des devises émergentes dont les banques centrales interviennent aussi régulièrement sur le marché des changes.
Avant l’annonce de la BoJ, le marché des options commençait déjà à être plus négatif sur le yen. Le différentiel entre options d’achat et options de vente sur le yen est ainsi repassé en territoire positif pour la première fois depuis plusieurs années, «ce qui suggère que le yen pourrait progresser davantage vers 81 à très court terme d’autant que les taux 2 ans américains (bien corrélés au dollar-yen) repartent aussi à la hausse» estime Natixis.
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