Le Panel Crédit reste surpondéré sur la classe d’actifs

Le marché poursuit sur sa lancée de 2013 en ce début d’année, insensible aux craintes de surchauffe, et tiré par l’action des banques centrales
Alexandre Garabedian

Une classe d’actifs presque insensible aux soubresauts sur les marchés émergents, des indices au niveau le plus serré de l’année… En dépit des craintes de surévaluation que le marché du crédit suscite ici ou là, les panélistes de L’Agefi restent surpondérés, mois après mois. Axa IM, qui était encore neutre en février, a rejoint ce mois-ci le camp majoritaire. Quant à Edmond de Rothschild AM, sa position neutre en termes d’exposition et de spreads sur l’investment grade ne doit pas masquer une surpondération dans le compartiment high yield, pour lequel ses perspectives de spreads sont positives.

D’une courte tête, le Panel Crédit reste en majorité neutre sur les spreads, les autres étant positifs, à l’exception de CM-CIC AM qui se distingue par une vision négative. Candriam (ex-Dexia AM) et Deutsche AWM ont relevé leurs anticipations sur les spreads. La baisse de cash dans les portefeuilles des panélistes, et la légère augmentation de la duration moyenne du crédit, témoignent aussi d’un biais positif.

Il est certes difficile de nager à contre-courant, alors que la performance du high yield et de l’investment grade atteint déjà près de 2% sur les deux premiers mois de l’année. «Le marché devient plus cher de semaine en semaine, avec une compression des spreads et des rendements, et une inquiétude croissante que tout cela se finisse dans les larmes, estime Juan Esteban Valencia, stratégiste chez SG CIB. Mais cela n’est pas une fatalité: on ne peut nier que le crédit soit à un niveau historiquement cher, et pourtant il est soutenu par de solides fondamentaux».

Les entreprises ont globalement amélioré leur profil d’endettement grâce à l’ouverture constante des marchés de crédit, et surtout le cash abonde, la demande dépassant l’offre. Les conditions accommodantes créées par les banques centrales y sont pour beaucoup. A l’heure où la théorie d’un assouplissement quantitatif (QE) à venir de la BCE gagne en crédibilité aux yeux des investisseurs, la situation pourrait perdurer. «La BCE doit lutter contre la désinflation, que ce soit avec des baisses de taux, une nouvelle LTRO, voire des rachats d’actifs. Cela se traduira par une prolongation de la période de taux bas, et donc une nouvelle pression à la baisse sur les yields et les spreads de crédit. Les émetteurs ou les secteurs à fort bêta en seront les premiers bénéficiaires», note Juan Esteban Valencia.

Dans l’immédiat, l’avancée de la saison de publication des résultats permet un redémarrage progressif du marché primaire. Avec le développement des émissions sur des maturités plus longues, quête de rendement oblige. La semaine dernière, Philip Morris, BP et Imperial Tobacco ont placé des tranches à 7 ans et 12 ans en euros. Renault a émis 500 millions d’euros à 7 ans à un spread de 175 pb et un coupon de 3,125%. Le livre d’ordres a atteint la bagatelle de 6,2 milliards.

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