Le Nyse joue double jeu en lançant une «dark pool» réservée aux particuliers

Le marché a reçu l’approbation de la SEC pour tester pendant un an une offre proposant de meilleurs coûts de transaction
Benoît Menou

Le New York Stock Exchange dispose d’un plan pour regagner des parts de marché sur les actions outre-Atlantique.Une idée qui sera mise en œuvre dès le 1er août, et pendant une période de test d’un an, après que le marché a annoncé en fin de semaine dernière avoir reçu la bénédiction, au nom du bénéfice pour les investisseurs, du gendarme de la Bourse, la SEC. Cette dernière étudiait le dossier depuis octobre dernier.

Il s’agit pour Nyse Euronext de proposer aux investisseurs particuliers un système de cotation parallèle leur offrant de meilleures conditions de négociations. Le retail liquidity program permettra d’apparier les ordres sans qu’ils soient visibles par le marché. Le Nyse propose ainsi aux particuliers une incursion dans le monde des «dark pools». La Bourse s’en défend, naturellement, alors que les organisateurs des plates-formes alternatives crient à la concurrence déloyale.

Selon Joseph Mecane, responsable administratif des marchés américains chez Nyse Euronext, «la grande différence est que la nouvelle structure est toujours encadrée par les règles d’un marché». Alors que «toutes les règles concernant notre traitement différencié des clients particuliers sont documentées, standardisées et soumises à la SEC», plaide le dirigeant, «les dark pools peuvent effectuer des discriminations en toute discrétion».

Le Nyse entend avant tout choyer les investisseurs individuels en leur assurant un prix de transaction modestement inférieur à celui de son marché principal. La Bourse espère ainsi repartir de l’avant, alors que sa part de marché des transactions sur les valeurs dont elle assure la cotation a chuté selon Barclays de 82% en 2003 à 25% en mai dernier. Joseph Mecane précise que les particuliers représentent 10% environ des transactions sur les actions américaines, des ordres qui sont le plus souvent aujourd’hui transmis par les courtiers à des «grossistes» comme Knight Capital ou Citadel.

Depuis l’annonce du projet l’an passé, les représentants des métiers de titres ont fait part de leur opposition. La Securities Traders Association dénonce la création d’un marché à deux vitesses, tandis que l’institut CFA a estimé qu’il pourrait créer un dangereux précédent de mise en danger de la transparence, à ses yeux un élément indissociable des marchés publics.

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