Le nouveau programme de relance américain manque d’audace
Le plan de 447 milliards de dollars qui doit encore être validé par le parti d’opposition, ne dynamiserait le PIB que de 0,5 % en 2012 selon BNP Paribas
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Tân Le Quang
Les allègements des charges salariales sont au cœur du programme de relance économique américain de 447 milliards de dollars annoncé jeudi par le Président Obama. Ceux-ci devraient coûter à l’état 175 milliards de dollars, soit 39% du plan. Le pays consacrerait aussi 140 milliards (31%) de ses efforts à la reconstruction et la modernisation des infrastructures, contre 70 milliards (16%) pour les mesures d’aide aux PME et 62 milliards (14%) pour le traitement du chômage à long terme et des actifs sous-qualifiés.
«Le programme est exactement ce dont ont besoin les Etats-Unis. Il respecte ce que le président de la Fed, Ben Bernanke a réclamé: stimuler l’économie à court terme sans compromettre les perspectives à long terme des finances fédérales», souligne BNP Paribas. L’idée est clairement de protéger la consommation privée.
Mais le marché reste sceptique sur l’impact d’un tel plan, d’autant plus qu’il prévoit en grande partie la reconduction de mesures déjà en place et qui expirent fin 2011. Bien que le chiffre de 447 milliards ait dépassé de loin les attentes, aux yeux de Simon Clements, gérant de fonds chez Aviva Investors, le doute sur la capacité du président à passer l’obstacle du Congrès s’est épaissi. BNP Paribas, qui s’attend ce que les membres du Tea Party votent contre toute hausse des dépenses, estime que la proposition contient seulement 150 milliards (1% du PIB) de nouvelles mesures et qu’elle dynamiserait le PIB de seulement 0,5% en 2012.
Selon Simon Clements, les mesures manquent d’audace. «Le taux de chômage maintenu à un niveau élevé résulte du manque de confiance des entreprises dans les perspectives de croissance et du fait que beaucoup de personnes employées dans des domaines en plein boom avant la crise, comme l’immobilier, ont perdu leur travail. Ces problèmes tendent à ne pas être résolus par des solutions à court terme», précise-t-il.
Surtout, aucune mesure d’envergure concernant le marché immobilier - pourtant au centre de la crise et qui affecte la confiance des consommateurs - n’a été prise. Barclays regrette l’absence d’une incitation forte à refinancer les prêts hypothécaires. Pour l’heure, les Etats-Unis prévoient de compenser le coût de leur plan grâce à une réduction du déficit supplémentaire sur lequel devrait plancher le Comité mixte du Congrès.
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