Le niveau d’endettement des entreprises chinoises progresse à un rythme inquiétant
Depuis 2008, la Chine se révèle incapable de trouver un autre moteur durable que l’expansion du crédit pour soutenir sa croissance. Tel est le constat dressé par Fitch qui, en reconnaissant les spécificités du modèle chinois, alerte sur le fait qu’«aucun système financier ne peut supporter indéfiniment un niveau de dette accru». L’agence pointe du doigt un nombre important de chaînes de crédits qui échappent aux statistiques, tels que les prêts aux entreprises transformés en créances interbancaires, les crédits inter-entreprises, les fonds de capital-investissement (notamment ceux des collectivités locales), et les prêts entre particuliers.
A fin août, le montant net de nouveaux crédits accordés en Chine a atteint 21.000 milliards de yuans (2.536 milliards d’euros) sur un an, «dont une partie importante ne figure pas dans les chiffres officiels». Un rythme de croissance qui dépasse le PIB de plus d’un tiers pour la cinquième année consécutive. Le poids des intérêts à payer par les emprunteurs est passé de 7% du PIB en 2008 à 12,5% en 2013, et pourrait atteindre de 19% à 22% d’ici 2017. Plus que le poids total du crédit dans le PIB, estimé à 215%, c’est la rapidité de sa progression qui alerte l’agence. Le crédit ne pesait que 130% du PIB chinois en 2008 et pourrait atteindre 270% fin 2017.
Les ménages semblent pour l’heure épargnés, avec un poids de leur endettement par rapport à leurs revenus qui reste limité à 70%. Ce sont les entreprises qui concentrent les risques les plus importants, avec un niveau de dette qui dépasse 150% du PIB. Fitch s’inquiète du fait que nombre d’échéances sont reconduites ou refinancées, conduisant à une part croissante des nouveaux crédits consacrés au paiement des intérêts et non injectés dans l’économie réelle. Le poids de la dette des collectivités constitue également «une source de vulnérabilité», notamment en termes de liquidités. Leur stock de dette atteindrait ainsi 18.500 milliards de yuans, soit 32% du PIB, dont 4.000 milliards de crédits de l’ombre.
Malgré un montant d’intérêts de la dette des emprunteurs chinois à payer en 2013 qui atteint 7.500 milliards de yuans, Fitch reconnaît que les risques à court terme restent limités. «Toute crise de liquidité ou de refinancement des banques peut être temporairement allégée en puisant dans l’énorme stock de réserves en dépôts logé au sein de la PBOC, ou par le biais d’injections de liquidités».
Plus d'articles du même thème
-
Nippon Paint convoite les peintures décoratives d’Akzo Nobel
Le groupe japonais a proposé 7,5 milliards d’euros pour acquérir cette activité auprès du chimiste néerlandais. Mais celui-ci privilégie sa fusion avec l’américain Axalta. -
Les banques allemandes veulent récupérer les garanties perdues à cause des sanctions russes
Deutsche Bank, HVB et Commerzbank ont intenté un procès à l’entreprise Linde. Elles lui avaient accordé des garanties pour un projet gazier qui a été annulé à cause des sanctions internationales contre la Russie. Le résultat du procès pourrait influer sur la manière dont les banques envisagent leurs garanties dans des pays politiquement exposés. -
Mastercard sécurise son futur sur la blockchain
L'entreprise souhaite proposer à ses clients à la fois des cartes pour payer en cryptomonnaie, des stablecoins pour les paiements transfrontaliers et des dépôts tokenisés pour les banques. -
Lhyfe fait entrer l’allemand Messer au capital de ses sites de production
Le groupe allemand signe également un contrat d’approvisionnement en hydrogène renouvelable sur dix ans auprès du producteur nantais d’hydrogène vert. Le cours de Lhyfe, après avoir touché un point bas, rebondit de plus de 30%. -
Souveraineté : la compétitivité européenne passera par l’investissement dans ses entreprises technologiques
Christophe Hautin, gérant actions senior chez Allianz Global Investors, explique dans cette tribune pourquoi, comme le constatait notamment le rapport Draghi publié en 2024, il y a une urgente nécessité de mobiliser davantage de capitaux vers les entreprises technologiques européennes afin de soutenir la compétitivité, l'innovation et l'autonomie stratégique du continent. -
Le second semestre 2026 se complexifie pour les allocataires
Le mid-year outlook 2026 d'iCapital identifie plusieurs tendances parmi lesquelles une vigilance croissante au sujet de la rentabilité de l'IA et une dispersion des performances des gérants surtout dans le non-coté.
ETF à la Une
Amundi lance un ETF sur les actions monde
Contenu de nos partenaires
-
« La France davantage ciblée » : la Russie accusée de mener une vaste campagne cyber en Europe
Le chef de la diplomatie française Jean-Noël Barrot a annoncé ce lundi la convocation de l’ambassadeur russe après avoir révélé l'existence d'une vaste campagne cyber d'espionnage et de sabotage menée par le FSK et les hackers de « Turla ». -
RIPMais que va faire Donald Trump sans son allié Lindsey Graham ?
La mort du sénateur républicain de Caroline du Sud prive le président américain de son meilleur négociateur au Sénat et de l'un des principaux architectes de sa politique étrangère -
Tetris agronomiqueCanicule et sécheresse : l'agriculture française face au mur de l'adaptation au changement climatique
L'agriculture française, en première ligne face aux sécheresses et aux coups de chaud, multiplie les chantiers d'adaptation et met en garde contre la tentation de la simplification.