Le Nasdaq s’offre un relais de croissance sur le marché obligataire
Face au déclin des volumes échangés sur les marchés actions à travers le monde, les opérateurs boursiers ne cessent de recourir à la croissance externe en quête de relais de croissance. Dernière opération en date, celle dévoilée hier soir par Nasdaq OMX, qui met la main sur eSpeed auprès de BGC Partners pour un montant susceptible d’atteindre à terme 1,23 milliard de dollars. Le paiement initial en numéraire de 750 millions pourra en effet être agrémenté par l’émission de titres ordinaires Nasdaq OMX sur une durée de quinze ans au bénéfice du vendeur en fonction des résultats d’eSpeed. Cette plateforme est spécialisée dans le trading électronique de Treasuries, les bons du Trésor américains. Elle a été créée en 1996 par Cantor Fitzgerald, dont BGC Partners a été scindé en 2004.
Le directeur général de Nasdaq OMX, Robert Greifeld, s’est félicité de pouvoir renforcer de façon maîtrisée la diversification de son groupe, avec une nouvelle corde à son arc caractérisée par une grande liquidité. Le dirigeant ne doute pas de pouvoir diversifier l’offre d’eSpeed elle-même en fonction des évolutions du marché. «Nous prenons pied dans un marché obligataire en croissance», a renchéri Eric Noll, haut responsable du Nasdaq, pour qui «il s’agit bien évidemment d’une rampe de lancement» pour un opérateur qui doit rester à l’affût d’opportunités. Le Nasdaq n’est présent pour l’heure outre-Atlantique que sur les actions et les options sur actions.
Le projet n’a pourtant pas soulevé l’enthousiasme de Moody’s. L’agence a indiqué qu’elle était susceptible d’abaisser la note Baa3 allouée au Nasdaq, sur fond d’augmentation prévisible d’un milliard de dollars de la dette de l’opérateur du fait du rachat d’eSpeed et des services d’entreprises de Thomson Reuters. L’opération annoncée hier ne manquera pas selon l’agence de «dégrader le profil financier» du Nasdaq. Moody’s salue pourtant la «bonne logique stratégique» des acquisitions du Nasdaq.
Certes le marché américain des obligations gouvernementales a été «artificiellement déprimé» comme le souligne le Nasdaq dans son communiqué par le programme de rachat massif de titres par la Réserve fédérale. Le Nasdaq dit ne pas douter du développement du marché notamment grâce à la «résolution des inquiétudes budgétaires». Le décollage pourrait tout de même prendre un peu de temps, le consensus des économistes ne misant pas sur une réduction de l’interventionnisme de la banque centrale américaine avant une année.
Plus d'articles du même thème
-
KNDS reporte son introduction en Bourse
Le fabricant d’armes franco-allemand met en pause son projet de cotation à Paris et Francfort en raison des conditions de marché. -
Les banquiers centraux ne veulent plus donner d’indications prospectives
Le principal panel du Forum de Sintra 2026 a tout de même été l’occasion pour Christine Lagarde (BCE) comme pour Kevin Warsh (Fed) de reconnaître un recul des anticipations d’inflation depuis leurs dernières réunions monétaires. Sans pour autant faire bouger les anticipations de hausses de taux. -
Un consortium comprenant BlackRock, Visa et Mastercard lance un nouveau stablecoin
Plus de 140 sociétés se sont réunies au sein d'Open Standard, un groupe avec une gouvernance collaborative ayant pour objectif de distribuer un stablecoin en dollar. -
Google est condamné à payer près de 2 milliards de dollars à Klarna
La justice suédoise estime que Google a, pendant de nombreuses années, abusé de sa position dominante sur le marché de la recherche en ligne. Le groupe pourrait faire appel de cette décision. -
La banque verte achète à Worldline ses parts dans leur coentreprise de paiement CAWL
Le partenariat signé en 2024 se poursuit et reste stratégique. Depuis, la banque est aussi devenue un des plus gros actionnaires du spécialiste du paiement avec plus de 10% de son capital. -
Amarris muscle son bilan pour poursuivre la consolidation en s'émancipant des plateformes techs
Moins d'un an après l'entrée de Naxicap Partners à son capital, le groupe mariligérien lève 39 millions d'euros supplémentaires pour poursuivre sa stratégie de croissance externe sur le marché de l'expertise comptable.
ETF à la Une
KBC AM dévoile trois ETF Ucits
- Malakoff Humanis visé par une enquête du PNF sur la sélection de ses gérants
- Amundi dévoile sa stratégie pour devenir un géant d'Asie
- La guerre en Iran relance l’intérêt des obligations indexées sur l’inflation
- Léa Dunand-Chatellet prend la direction générale de Mirova
- Amundi étoffe sa gamme d'ETF actifs obligataires
Contenu de nos partenaires
-
Tribune libreFrance-Allemagne : retraites, réforme et révolution
La différence avec la France vient surtout de l’existence d’une éthique de la discussion très ancrée, au niveau politique et parlementaire, comme au niveau des partenaires sociaux et des entreprises -
EtalonnageConsensus politique et transition longue : la recette du passage à la retraite à 67 ans en Allemagne
Berlin a acheté la paix en mettant en place un départ anticipé pour carrière longue, dispositif coûteux aujourd'hui remis en cause. -
Vérité d'un côté du Rhin ne l’est pas au-delà
Retraites : le grand fossé franco-allemand
Le chancelier allemand Friedrich Merz dit vouloir appliquer l'intégralité des recommandations de la commission d'experts qu'il a mandatée. Une réforme ambitieuse qui contraste avec le blocage français