Le moral des investisseurs américains en France est au plus bas
Un manque de lisibilité de l’agenda politique et une complexité croissante de la législation ajoutent à la défiance, révèle le baromètre AmCham-Bain
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Antoine Duroyon
Les investisseurs américains dans l’Hexagone ont le moral en berne. Selon la dernière édition du baromètre coréalisé par la Chambre de commerce américaine en France (AmCham) et Bain, leur pessimisme est à son comble. Seulement 10% des 82 répondants croient ainsi en l’amélioration du contexte économique pour 2013 et 60% anticipent une dégradation. La tendance apparaît néanmoins sous un jour plus favorable pour 2014-2015, 69% des investisseurs interrogés tablant sur une stabilisation ou une légère amélioration.
Cette perception dégradée va de pair avec une baisse de l’attractivité de la France en tant que destination d’investissement. 13% des sondés estiment que leur maison mère a une perception positive de la France. Ils étaient 22% en 2012 et 56% en 2011…
A l’occasion de cette enquête clôturée fin août, les investisseurs américains déplorent un manque de lisibilité de l’agenda politique du gouvernement, un manque de prévisibilité des changements de législation et une complexité croissante de la législation fiscale et du travail.
Plus ennuyeux, ils sont plus nombreux à se dire prêt à ne pas recommander la France à une entreprise américaine cherchant à s’implanter à l’étranger. Sur une échelle de 0 à 10 (10 étant la meilleure note), la proportion des détracteurs (note de 0 à 6) atteint 68% cette année, contre 40% en 2011. Dans le même temps, la part des promoteurs (note de 9 à 10) est tombée de 12% à 5%. Cela étant, les Etats-Unis figurent au premier rang des investisseurs étrangers en France. 156 projets ont été enregistrés en 2012, en hausse de 5% sur un an, selon l’AFII (Agence française pour les investissements internationaux).
La France dispose d’ailleurs d’atouts à faire valoir parmi lesquels ressortent la qualification de la main d’œuvre et la qualité des infrastructures. Certaines mesures, comme le crédit d’impôt recherche, sont également vues positivement, tandis que d’autres (CICE, projet de loi consommation) suscitent la perplexité, voire la critique.
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