Le marché reste dubitatif sur l'éventualité d’une contre-offre de Suez sur Biffa
Si les analystes jugent cette opération stratégiquement opportune, ils estiment le prix évoqué de 1,5 milliard de livres très élevé
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Bruno de Roulhac
Les rumeurs repartent de plus belle sur une contre-offre de Suez, allié au fonds d’investissement Terra Firma, sur la société britannique de traitement de déchets Biffa. Selon le Daily Telegraph, les deux partenaires proposeraient 1,5 milliard de livres (2 milliards d’euros). Terra Biffa reprendrait les sites de production tandis que Suez récupérerait le traitement, qui pourrait être rapproché des activités britanniques de sa filiale Sita. Selon le site du Financial Times, Goldman Sachs et Morgan Stanley seraient leur conseil. Suez s’est une nouvelle fois refusé à tout commentaire. Biffa a déjà accepté une offre de 350 pence par action, soit 1,2 milliard de livres, des fonds Montagu, Global Infrastructure Partners et Ucil.
Sur la base d’une offre de 1,5 milliard de livres en actions et « 346 millions de livres de dettes, soit une valeur d’entreprise de 1,846 milliard de livres, le ratio valeur d’entreprise sur Ebitda serait de 11,1 contre 9,3 pour l’offre actuelle », soulignent les analystes de CM-CIC Securities qui en déduisent, pour les activités éventuellement reprises par Suez, « un ROCE implicite de 2,9 %, ce qui paraît très limité ». Même si cette acquisition « serait relutive, elle nous semble très chère et peu probable », ajoute un analyste. Suez cédait vendredi 2,10 % à 40,65 euros.
Depuis l’échec de la reprise de Cleanaway, remporté par Veolia en juin 2006 pour 595 millions de livres, Suez a pris du retard sur le marché britannique. Aussi, cette opération constituerait un mouvement « stratégique très opportun pour Suez si cela réussit », ajoute CM-CIC. Néanmoins, « une telle acquisition remettrait en cause la parole du management qui s’est engagé sur une croissance organique », poursuit un expert.
Mardi matin, Suez dévoilera ses résultats 2007. Le consensus Bloomberg table sur un résultat net de 3,1 milliards d’euros, pour un Ebitda de 7,4 milliards et un Ebit de 5,4 milliards. L’été dernier, le groupe avait confirmé ses objectifs de hausse de plus de 10 % de son Ebitda et de plus de 15 % de son résultat opérationnel courant. Le chiffre d’affaires 2007 a crû de 7,2 % à 47,5 milliards d’euros (+6,2 % en organique). Au-delà des chiffres, le marché sera attentif à l’avancée de la fusion avec GDF, toujours espérée avant la fin du mois de juin. Le CEE du gazier devrait rendre un avis le 11 mars. Dans ce contexte, Suez pourrait être prudent pour ses perspectives 2008.
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