Le marché monétaire réagit bien aux annonces de Mario Draghi

Le taux Eonia est venu fixer à seulement 2,6 pb, soit une baisse de 42 pb depuis fin mai. Le taux de swap à une semaine est même tombé à - 1,3 pb
Patrick Aussannaire

Le marché monétaire européen s’ajuste progressivement aux mesures d’assouplissement prises par la BCE. Vendredi, l’Eonia est venu fixer à 2,6 pb, soit une baisse de 42 pb depuis fin mai, alors que le taux de swap à une semaine a chuté vendredi en territoire négatif à - 1,3 pb avant de remonter hier à + 1,7 pb. Des sources de marché évoquent la difficulté des trésoriers à s’adapter aux taux de dépôt négatifs, avec certains contrats au jour le jour qui auraient déjà franchi le seuil.

«Depuis les premières mesures prise par la BCE en 2008, les pressions baissières sur l’Eonia ont trouvé un socle à un niveau d’environ 7 pb au-dessus du taux de dépôts. Ce qui implique qu’en théorie, l’Eonia pourrait tomber à -3 pb», estime CA CIB. La courbe de swap Eonia s’est ainsi ajustée de 21 pb à 5 pb entre la partie une semaine et la partie un an depuis fin mai. Elle intègre à présent un fixing inférieur à 3,5 pb jusqu’en juin 2015. Au-delà d’un an, la courbe est restée stable avec une remontée attendue au-dessus du taux de refinancement à partir de mi-2017.

Pourtant, le montant des remboursements des LTRO a surpris par sa faiblesse la semaine dernière, avec un montant limité à 3,7 milliards sur les 10 milliards d’euros alloués, contre une moyenne de 5 milliards et 7,5 milliards anticipés par le consensus qui misait sur un impact plus fort du paiement d’une taxe sur les dépôts détenus par les banques auprès de la BCE.

A court terme, les facteurs autonomes devraient augmenter d’environ 40 milliards d’euros cette semaine avec le paiement des impôts en Italie, selon Barclays. L’impact de l’arrêt de la stérilisation du programme SMP devrait faire remonter de 109 milliards d’euros dès cette semaine la liquidité excédentaire, qui devrait ainsi dépasser les 200 milliards.

Un montant qui retombera néanmoins progressivement vers zéro d’ici environ un an quand les obligations du portefeuille arriveront à maturité, et qui «ne résoudra pas la fragmentation géographique de la liquidité en zone euro dans la mesure où la liquidité non stérilisée provient principalement des banques de pays cœur», explique Barclays.

Le plus gros impact devrait ainsi provenir du programme TLTRO, même s’il est aujourd’hui diffcile à estimer et ne se fera que progressivement. L’inversion de la courbe sur la partie 3 mois-1 an, de 2 pb, traduit l’impact limité attendu de ce programme sur le niveau de l’Eonia sur les douze prochains mois.

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