Le marché européen du haut rendement reprend des couleurs
Fitch voit dans la hausse des émissions d’obligations notées simple «B» le signe d’un retour progressif de la confiance dans tous les compartiments.
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Patrick Aussannaire
Est-ce le retour en grâce du marché européen du high yield (HY) dans toutes ses composantes ? Dans une étude publiée hier, Fitch Ratings estime que «la confiance est progressivement revenue sur le marché HY euro, avec la résurgence des émissions d’obligations notées simple ‘B’ à un niveau qui n’avait pas été enregistré depuis le mois d’octobre 2014».
Leur part dans les émissions HY totales a ainsi atteint 51% en janvier, selon l’agence qui précise qu’elles sont caractérisées par l’utilisation croissante de politiques agressives en faveur de l’emprunteur, telles que des périodes raccourcies de «non-call», des clauses de portabilité et l’utilisation de «dividend recap».
Un type d’émissions qui devrait perdurer. Fitch estime ainsi que «l’activité croissante des M&A et la hausse des besoins de refinancement dus à l’arrivée à maturité et au remboursement de la dette provenant d’une base d’émetteurs de plus en plus mature et diversifiée devrait soutenir les émissions tout au long de l’année». Les émetteurs en euro pourraient également renforcer leur recours au marché primaire avec l’impact positif sur la qualité de leurs conditions de crédit de la baisse des prix du pétrole, de la chute de l’euro et de la faiblesse des taux d’intérêt en zone euro garantie par le programme de rachats d’actifs de la BCE.
Sur le marché secondaire, Natixis estime que les obligations non financières «B» ont offert le rendement total le plus élevé de l’univers HY euro corporate depuis le début de l’année, après avoir largement fait pire que les autres souches, tant high yield qu’investment grade au dernier trimestre 2014, avec un rendement total négatif de -0,9%. A 2,2% sur 2015, il dépasse ainsi désormais de 0,7 point le rendement total des obligations «BB» et de 0,4 point celui des «CCC». Au niveau global, seules les obligations hybrides et les financières subordonnées ont offert un rendement supérieur, de respectivement 3,2% et 2,4% depuis le début de l’année.
Si Moody’s estime de son côté que le taux de défaut des émetteurs haut rendement s’est légèrement amélioré en janvier pour revenir à 1,72%, son plus faible niveau depuis septembre 2011 alors qu’il était de 4,5% il y a un an, l’agence s’attend à un rebond à 2,1% d’ici à la fin de l’année. Les marchés sont même plus pessimistes, l’indice Crossover anticipant un taux de défaut à un an de 5,11%, même si ces prix intègrent également une prime de liquidité et de risque, comme le rappelle SG CIB.
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