Le marché européen de la titrisation se remet de la crise selon S&P
Standard and Poor’s veut croire au retour du marché de la titrisation en Europe. Dans une étude publiée aujourd’hui, l’agence de notation estime que même si les volumes d’émission sont loin d’avoir retrouvé leurs niveaux d’avant lacrise pour toutes les classes d’actifs, ils sont significatifs. Par ailleurs, la régulation a beau être pénalisante pour le marché aujourd’hui, elle pourrait évoluer favorablement.
«Au cours des deux dernières années, certains segments de la titrisation ont commencé à ré-émerger, en réponse à la forte demande des investisseurs européens et aussi, de plus en plus, d’investisseurs internationaux», écrit S&P. L’agence note que les volumes d’opérations de titrisations adossées à des prêts automobiles en Allemagne ou à des cartes de crédit en Grande-Bretagne sont retournés l’année dernière à leur niveau d’avant 2008.
Même si les volumes de RMBS britanniques ou néerlandais sont loin d’avoir retrouvé leur niveau d’avant la crise en chiffres absolus, «ils ont représenté environ un quart des prêts hypothécaires l’année dernière». Or, ces titrisations représentaient un tiers des volumes de crédits hypothécaires en 2007 en Grande-Bretagne, aux Pays-Bas, en Irlande et en Espagne. S&P dénombre par ailleurs 14 émissions de CLO au cours des neuf premiers mois de 2013 en Europe alors que le marché était resté complètement à l’arrêt pendant cinq ans.
L’agence note tout de même que certaines classes d’actifs restent dans les limbes, malgré une compression significative des spreads au cours des deux dernières années, comme les RMBS et les CLO de PME en Espagne et en Italie. Même si l’agence note une reprise, elle concède que sa force dépendra de la reprise du crédit, de la dépendance des prêteurs aux financements des banques centrales et «peut-être avant tout de la forme finale de la régulation des investisseurs de titrisations».
L’agence affiche son optimisme en soulignant que les politiques et régulateurs européens «se montrent de plus en plus positifs vis-à-vis de la titrisation responsable». Cependant, les bonnes intentions tardent à ce concrétiser et les régulations comme Bâle 3, Solvabilité 2 ainsi que les règles de l’autorité bancaire européenne sur les CLO, sont considérées par l’agence comme bien trop sévères au regard de la performance des titrisations européennes. Au premier trimestre 2013, le taux de défaut des opérations déjà sur le marché mi-2007, était ainsi inférieur à 1,5%.
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