Le marché du travail aux Etats-Unis avive les craintes sur l'économie
Pour le deuxième mois consécutif, les créations d’emplois non agricoles aux Etats-Unis sont réduites à la portion congrue. En juin, seuls 18.000 nouveaux postes ont été ouverts, tandis que leur nombre est ressorti à 25.000 pour le mois de mai. Il a été divisé par plus de deux par rapport à la première estimation. La baisse de régime est marquante après la période allant de février à avril durant laquelle 215.000 emplois avaient été créés chaque mois. Le marché est une nouvelle fois plombé par les destructions de postes dans le secteur public, mais pas seulement. La baisse du travail temporaire, pour le troisième mois d’affiliée, est «très inquiétante car c’est normalement une variable avancée de la tendance globale», relève Bruno Cavalier, chef économiste d’Oddo Securities. Le taux de chômage continue par ailleurs de remonter. Il atteint 9,2%, son plus haut niveau depuis décembre dernier.
Tous ces éléments affaiblissent les perspectives d’une réelle reprise économique. «La hausse des prix a pesé non seulement sur le pouvoir d’achat des consommateurs mais sur la volonté des entreprises à embaucher, analyse Julia Coronado, économiste chez BNP Paribas. Ce rapport pose un problème délicat pour les politiques qui débattent actuellement de la façon de mettre en œuvre l’austérité». A la lumière des mauvais chiffres de l’emploi américain, le président américain Barack Obama a d’ailleurs demandé aux parlementaires américains de s’accorder au plus tôt sur un relèvement du plafond de la dette. Dans des circonstances normales, «un affaissement aussi brutal du marché du travail aurait abouti à une réunion d’urgence de la Fed et à une baisse des taux dans la foulée», explique Bruno Cavalier. Mais les taux directeurs sont déjà proches de zéro. Les obligations d’Etat américaines à dix ans ont vendredi joué leur rôle de valeur refuge. Leur rendement s’est resserré de 12 points de base à 3%.
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