Le marché du pétrole est suspendu à l'évolution de la crise en Irak
Le risque géopolitique irakien revient au premier plan des préoccupations du marché du pétrole. Les prix du baril ont touché vendredi en séance jusqu’à 107,68 dollars pour le WTI et 114,69 dollars pour le Brent, des niveaux plus atteints depuis septembre 2013, avant de se replier légèrement. Sur la semaine, les prix du brut ont progressé d’environ 4%, alors que les combattants sunnites de l’Etat islamique en Irak et au Levant (EIIL) accentuaient leur progression vers Bagdad après la prise de la deuxième ville du pays, Mossoul.
«Le marché attribue encore une probabilité faible de pic des prix dans les prochains mois, du fait que les principales infrastructures pétrolières en Irak ne sont pas (encore) tombées aux mains des extrémistes», se rassuraient vendredi matin les analystes de Deutsche Bank. La probabilité d’un baril de Brent supérieur à 120 dollars tourne autour de 15%, selon les prix des options juillet 2015. Le gros des capacités de production, de raffinage et d’exportation se trouve dans le sud de l’Irak, et n’a pas été affecté par les événements de la semaine dernière. Au nord du pays, le pipeline entre Kirkouk, sous contrôle kurde, et le port de Ceyhan en Turquie, par lequel peuvent transiter en théorie 1,6 million de barils par jour, et en pratique moitié moins, est fermé depuis le 2 mars.
L’Irak produit près de 3,4 millions de barils par jour sur une moyenne d’un peu plus de 30 millions pour l’ensemble des membres de l’Opep, et en exporte les trois quarts. Bagdad compte faire passer ce chiffre à 4 millions d’ici à fin 2014 et 5 millions à fin 2015. Ce qui représenterait 60% de la hausse de la production attendue d’ici à la fin de la décennie pour les membres de l’Organisation, selon l’Agence internationale de l’énergie.
Si les infrastructures du sud du pays étaient touchées, «l’Arabie saoudite a sur le papier 2,7 millions de capacités non utilisées pour compenser la perte de production», estiment Harry Tchilinguirian et Gareth Lewis-Davies chez BNP Paribas. Mais avant d’en arriver là, Washington, Téhéran et Riyad auront été forcés de réagir.
L’Iran chiite, dont le retour complet sur le marché du pétrole attend encore la levée des sanctions internationales, ne peut laisser la rébellion sunnite s’installer à Bagdad. Son président Hassan Rohani a déclaré qu’il n'écartait pas une éventuelle coopération avec les Etats-Unis.
Plus d'articles du même thème
-
EDF se désengage des énergies renouvelables en Amérique du Nord
L’énergéticien français a conclu un accord avec KKR en vue de lui céder un portefeuille d’actifs d’une capacité nette totale de 5,6 gigawatts. -
Les cinq motifs d’inquiétude sur la bulle IA
Les valeurs technologiques ont connu une nouvelle semaine difficile, notamment les semi-conducteurs en Corée. Elles restent néanmoins à des niveaux élevés et beaucoup d’investisseurs misent toujours sur le secteur. Mais les défis s’accumulent. -
La guerre en Iran relance l’intérêt des obligations indexées sur l’inflation
Même si les obligations indexées sur l’inflation ont pu connaître des périodes décevantes, comme entre 2010 et 2019, des investisseurs les ont intégrées dans leur allocation structurelle. -
«Nous continuons de penser qu’une hausse des taux Fed est probable»
Thomas Brulat-Aulan, directeur de la gestion taux listed assets chez Sienna IM. -
«Nous sommes restés à l’écart des émissions des hyperscalers»
Alexandre Stoessel, responsable gestion obligataire chez Scor IP -
«La hausse des marchés est portée par la croissance des résultats»
Thibault Dorlet, CFA, Senior Multi-Asset Portfolio Manager chez Candriam.
ETF à la Une
BNPP AM franchit une nouvelle étape dans sa conquête des ETF actifs
- Amundi dévoile sa stratégie pour devenir un géant d'Asie
- BNPP AM franchit une nouvelle étape dans sa conquête des ETF actifs
- Mubadala Capital veut s’offrir Pierre & Vacances sous conditions très strictes
- Generali Investments renforce ses forces commerciales en France
- Léa Dunand-Chatellet prend la direction générale de Mirova
Contenu de nos partenaires
-
La Fabrique de l'OpinionPrésidentielle : les villes moyennes au cœur du récit national
Brice Soccol : « Ce n’est plus seulement l’opposition entre villes, péri-urbanité et campagnes qui structure la géographie électorale française, mais la capacité des territoires à offrir des perspectives de mobilité sociale, d’emploi et de qualité de vie » -
L'été sera chaudLe pays brûle, les candidats regardent ailleurs
Malgré l'ampleur de l'épreuve vécue par la quasi-totalité du pays, les prétendants à l'Elysée n'ont effectué que des ajustements à la marge de leur campagne. Le débat n'a pas dépassé le stade de savoir s'il fallait climatiser le pays -
Vieux démonsAprès l'accord israélo-libanais, le spectre d'une occupation israélienne sans fin du Liban
Israël et le Liban ont signé un accord historique à Washington, mais son application dépend d'un improbable désarmement du Hezbollah