Le marché du high yield européen offre une flexibilité accrue à l’emprunteur
Longtemps à la traîne des Etats-Unis, le marché européen des obligations à haut rendement refait petit à petit son retard au gré du développement de la désintermédiation financière en Europe. Il serait même en train de dépasser son homologue américain sur le critère de la documentation juridique, en offrant une latitude accrue à l’émetteur, et donc moins de protection pour l’investisseur, à en croire l’enquête 2015 sur le high yield du cabinet d’avocats Proskauer. Celle-ci a été présentée le 9 juin à Londres lors d’un forum de Debtwire.
«Le high yield est devenu une classe d’actifs à part entière en Europe/Moyen-Orient/Afrique (EMEA), relève le cabinet. Les émissions approchent les niveaux atteints aux Etats-Unis après des années de relative obscurité, et il y a une tendance à plus de créativité et de flexibilité dans les transactions EMEA comparées aux deals américains.»
Proskauer, qui a étudié 1.236 émissions réalisées dans le monde entre 2011 et 2014, a passé en revue plusieurs clauses contractuelles. Ainsi, la clause dite de «103% redemption», qui autorise un émetteur à racheter chaque année à un prix de 103% du pair jusqu’à 10% d’un emprunt high yield pendant la période de non-call (absence de remboursement anticipé), devient beaucoup plus répandue en Europe. Elle était présente dans 13% des transactions en 2014, contre 5% seulement aux Etats-Unis. Durant cette même période de non-call, pour la moitié des nouvelles émissions obligataires européennes, l’émetteur avait le droit de rembourser plus de 35% d’un emprunt grâce au produit d’une éventuelle levée de fonds propres. Cette faculté n’était offerte que dans 27% des transactions américaines.
Enfin, les clauses de portabilité de la dette, qui évitent à l’émetteur de devoir rembourser ses obligations en cas de changement de contrôle, étaient présentes dans près d’un tiers des émissions en Europe, une proportion plus élevée qu’en Asie et surtout qu’aux Etats-Unis (moins d’une sur dix).
Le secteur d’activité et la nature des actionnaires influent aussi beaucoup sur la structure des émissions. Les sociétés détenues par des fonds de capital investissement continuent à bénéficier d’une plus grande souplesse juridique, la portabilité étant par exemple bien adaptée aux LBO. Le secteur des technologies et des télécoms est quant à lui le plus friand de ces clauses allégées, un phénomène particulièrement marqué en 2014.
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Washington - Donald Trump a annoncé jeudi une prolongation de trois semaines du cessez-le-feu au Liban, au moment où les efforts pour arriver à un accord avec l’Iran sont pour leur part au point mort. «Le cessez-le-feu entre Israël et le Liban sera prolongé de TROIS SEMAINES», a écrit le président américain sur sa plateforme Truth Social à l’issue d’une nouvelle réunion entre des représentants des deux pays à Washington. En vigueur depuis le 17 avril, la trêve qui devait initialement s’achever dimanche a offert un certain répit à la population libanaise, dans un conflit qui a déjà fait plus de 2.400 morts et un million de déplacés dans le pays depuis début mars. Donald Trump a assuré que les Etats-Unis «vont collaborer avec le Liban afin de l’aider à se protéger contre le Hezbollah». L’organisation chiite, qui a entraîné le pays dans la guerre le 2 mars en soutien à son allié iranien, a rejeté ces pourparlers et poursuit ses opérations dans le sud du Liban, où Israël entend créer une zone tampon au prix de destructions de villages et de bombardements, qui ont tué mercredi deux journalistes libanaises. Le Hezbollah a lui annoncé avoir tiré des roquettes sur le nord d’Israël en réponse aux «violations» du cessez-le-feu par l’armée israélienne. «Tout le temps du monde " Malgré tout, M. Trump a dit s’attendre à ce que les dirigeants israélien Benjamin Netanyahu et libanais Joseph Aoun se rencontrent «dans les semaines à venir». Le président libanais, qui a jusqu'à présent écarté la perspective d’une telle rencontre, est attendu vendredi au sommet européen d’Ayia Napa, à Chypre, aux côtés de ses homologues égyptien Abdel Fattah al-Sissi et syrien Ahmed al-Chareh et du prince héritier de Jordanie Hussein ben Abdallah. Les Vingt-Sept ont fait savoir qu’ils entendaient évoquer «la situation au Liban et les pourparlers entre Israël et le Liban» et entretenir un «dialogue intensif» avec les Etats de la région. Près de deux mois après son déclenchement le 28 février par Israël et les Etats-Unis, la guerre contre l’Iran continue de peser sur les marchés de l'énergie et sur l'économie mondiale, malgré l’entrée en vigueur d’un cessez-le-feu le 8 avril. Le trafic est à l’arrêt dans le détroit d’Ormuz, par où transitait avant le conflit 20% du pétrole et du gaz naturel liquéfié (GNL) mondiaux, et désormais soumis à un double blocus iranien et américain. Vendredi matin, les cours du pétrole ont encore progressé en Asie, avec le WTI à plus de 97 dollars et le Brent de la mer du Nord à près de 107 dollars. Donald Trump a assuré que le temps jouait contre Téhéran à mesure que se réduisent ses exportations de pétrole. «J’ai tout le temps du monde, mais ce n’est pas le cas de l’Iran», a-t-il écrit jeudi sur Truth Social. Troisième porte-avions Washington maintient une pression militaire, avec l’arrivée dans la région d’un troisième porte-avions, le George HW Bush. Le ministre israélien de la Défense, Israel Katz, a dit n’attendre que le feu vert des Etats-Unis pour reprendre les frappes. Donald Trump a cependant assuré ne pas avoir l’intention d’utiliser l’arme nucléaire contre l’Iran, dont il avait menacé début avril d’"éteindre» la civilisation. «Pourquoi utiliserais-je l’arme nucléaire alors que nous les avons complètement anéantis, de manière très conventionnelle?», a-t-il déclaré en réponse à une question de journaliste à la Maison Blanche. Une première session de discussions irano-américaines au Pakistan le 11 avril s'était soldée par un échec. M. Trump a avancé des «divisions» au sein du pouvoir à Téhéran pour expliquer l’ajournement sine die d’un second round qui avait été prévu cette semaine. En réponse, le président du Parlement Mohammad Bagher Ghalibaf et le chef du pouvoir judiciaire Gholamhossein Mohseni Ejei ont donné jeudi un gage d’unité, évoquant sur leurs réseaux sociaux «un Dieu, une nation, un dirigeant, un seul chemin». Alors que le nouveau guide suprême Mojtaba Khamenei n’est pas apparu publiquement depuis qu’il a succédé à son père Ali Khamenei -- tué aux premières heures de la guerre -- le New York Times a affirmé jeudi, citant des responsables iraniens sous couvert d’anonymat, qu’il avait été «grièvement blessé», notamment brûlé au visage, mais restait «vif d’esprit et actif». Les bureaux de l’AFP à Washington, Beyrouth, Jérusalem et Téhéran © Agence France-Presse