Le marché des «sukuks» devrait stabiliser sa performance de l’an dernier

Standard & Poor’s estime que les volumes d'émissions pourraient atteindre entre 100 et 115 milliards de dollars, après 116,4 milliards en 2014.
Patrick Aussannaire

Le marché primaire des «sukuks» peut-il rééditer sa bonne performance de 2014 ? Les volumes d’émissions ont légèrement progressé pour atteindre 116,4 milliards de dollars l’an dernier, après 111,3 milliards sur 2013. Cette année, le marché mondial des obligations répondant à la loi de finance islamique pourrait se stabiliser entre 100 et 115 milliards de dollars, selon Standard & Poor’s.

«Cela s’explique selon nous par les bonnes performances économiques des pays principaux en terme de finance islamique (les pays du Golfe et la Malaisie), par un intérêt grandissant de la part de nouveaux pays non traditionnels (la Tunisie, le Nigeria, la Corée du Sud, l’Egypte, le Mexique, le Kazakhstan, le Kenya, les Philippines et la Thaïlande) ainsi que par des développements réglementaires», explique l’agence.

La croissance de l’activité pourrait ainsi atteindre 3,7% cette année dans le Conseil de coopération du Golfe, après 4,2% en 2014, et 5,5% en Malaisie, après 6% en 2014. Ce dernier pays a représenté à lui seul 67% des émissions totales l’an dernier, loin devant l’Arabie Saoudite (10%), les Emirats Arabes Unis (5%) et l’Indonésie (4%). «La mise en place des nouvelles mesures de réglementations comme Bâle 3 ainsi que le manque d’actifs liquides de bonne qualité au sein de l’univers de la finance islamique pourrait accroître les émissions de la part des Etats et des banques centrales et fournir de nouveaux instruments de gestion de liquidité», ajoute S&P. Les émissions des banques centrales ont d’ailleurs atteint à elles seules 50,2 milliards de dollars (43,1% du total), dont 92,1% provenant de la seule autorité malaisienne.

Par ailleurs, de nouveaux émetteurs souverains tels que le Royaume-Uni, mais aussi le Luxembourg, l’Afrique du Sud, Hong Kong ou encore le Sénégal sont venus émettre leurs premiers «sukuks» au cours de l’année dernière. «La création de nouveaux benchmarks, et la diversification de la base d’investisseurs ont constitué les principales raisons motivant ces nouvelles émissions de sukuks en 2014», explique ainsi S&P.

L’impact de la baisse brutale des prix du pétrole sur l’activité des pays du Golfe, et celui du probable lancement du processus de normalisation monétaire de la Réserve fédérale américaine sur le niveau global de liquidité pourraient néanmoins jouer les trouble-fête en limitant les émissions sous le seuil atteint l’an dernier.

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