Le marché des RMBS en Europe suspendu aux mesures gouvernementales
Le plan britannique de relance de l’immobilier prévoit pour les ménages enregistrant une perte, de reporter les paiements d’intérêts
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Tân Le Quang
A quand le bout du tunnel pour les RMBS ? L’année 2008 a été cauchemardesque pour le marché européen des titres adossés à des crédits hypothécaires résidentiels, qui est resté atone en terme d’activité primaire. Selon UniCredit, les émissions publiques ne s’élèvent qu’à 10,7 milliards d’euros, contre 261,9 milliards sur l’année 2007. Ce compartiment n’a pas échappé à la pratique très en vogue de rétention des titrisations au bilan des banques et destinées au refinancement auprès des banques centrales. Le montant cette année des tranches de RMBS retenues atteint un record de 497 milliards d’euros.
Ce segment est désormais suspendu aux décisions des pouvoirs publics. En cette fin d’année, les pays européens viennent à peine de lancer des mesures de relance de leur marché immobilier exposé à la baisse des prix et à l’accroissement des saisies.
En Italie, l’Etat a publié un décret fin novembre ayant pour but de réduire la pression sur les ménages ayant des problèmes de capacité financière, notamment par la limitation des taux d’intérêts variables à 4 % en 2009. Le mois dernier, l’Espagne avait présenté une variante visant à reporter de 50% les paiements des emprunteurs pour une période totale de 24 mois. Par ailleurs, «la semaine dernière, le gouvernement britannique a clairement manifesté son intention de lutter contre les saisies au travers d’un plan visant à soutenir les emprunteurs en situation de stress», souligne UniCredit.
Selon le premier ministre Gordon Brown, l’idée serait de permettre aux ménages enregistrant une perte de revenus suite à la violente récession outre-Manche de reporter les paiements d’intérêts jusqu’à deux ans. Ce programme concernerait les prêts allant jusqu’à 400.000 livres selon la valeur de l’actif mis en garantie. Un tel programme nécessite que l’Etat garantisse les prêteurs contre le risque de pertes que pourraient générer ces reports d’intérêt, ce qui n’est pas encore chose acquise. Ce plan a attiré huit banques (Nationwide, Abbey, HBOS, Lloyds TSB, Northern Rock, Barclays, RBOS, HSBC) qui se sont engagées à y participer.
«Alors que les initiatives pourraient avoir un impact global positif sur les emprunteurs et créer une certaine stabilité, il demeure incertain que celles-ci seront la solution pour le marché immobilier», tempère UniCredit.
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Luc Bigel, Hamza Akli, Adeline Le Bihan - DLA Piper France
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