Le marché des RMBS britanniques de qualité gagne en profondeur
Les titres adossés à des prêts hypothécaires résidentiels (RMBS) de qualité élevée (prime) retrouvent de la voix outre-Manche. En témoignent les récentes émissions de Northern Rock et RBS. Démantelée en «bonne et mauvaise» banques en 2009, la première a placé via Gosforth Funding 2011-1 deux tranches libellées en euros et en livres de ce type de RMBS. Le montant initial, de 500 millions de livres, a été relevé à 594,7 millions. La transaction a vu son spread se rétrécir sur le marché secondaire. Avant son démantèlement, Northern Rock a souvent effectué ses émissions de RMBS au travers de Granite, son master trust, un véhicule utilisable pour plusieurs transactions, qui émet des séries indépendantes entre elles mais adossées au même portefeuille sous-jacent.
De son côté, RBS a placé partiellement plusieurs tranches (libellées en dollars, livres et euros) du RMBS Arran RMF 2011-1 adossé à 4,5 milliards de livres de prêts originés par RBS et National Westminster.
Plus important, l’annonce par Lloyds de la préparation du premier RMBS de l’année de Permanent, son fameux master trust dont le portefeuille porte sur des prêts immobiliers de Halifax et Bank of Scotland (BoS). Fin mars, le groupe bancaire a émis Headingley RMBS 2011-1, adossé à des crédits originés par BoS via la marque Halifax. Mais le recours, par un émetteur, à la fois à un master trust et à un RMBS autonome montre que les investisseurs n’ont pas de préférence pour le type de transaction. Un signal positif côté demande. Cela se confirmerait si la transaction Permanent se fait au même prix que Headingley.
Ces émissions se déroulent alors que le dispositif public de liquidité spéciale (SLS) et les programmes de garanties de crédit (CGS) mis en place outre-Manche doivent expirer entre avril et décembre 2011, pour le premier, et entre 2012 et 2014, pour les seconds. Deutsche Bank s’attend à voir les banques locales chercher à maximiser leur capacité de financement au détriment de leur sensibilité au prix. Actuellement, la prime en termes de spread entre un RMBS «prime» britannique par rapport aux covered bonds d’un même sponsor s'établit entre 40 et 55 pb, selon la banque. «Cette année 6,3 milliards de livres de ces titres ont été émis, et en extrapolant à l’ensemble de l’année, ils atteindraient 25,2 milliards, légèrement en dessous des 28,6 milliards de 2010», note Deutsche Bank.
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Strasbourg - L’Union européenne s’apprête à débloquer des fonds mardi pour aider les agriculteurs face à la flambée du prix des engrais, une tendance qui s’est encore accentuée depuis le déclenchement de la guerre au Moyen-Orient. Pour mettre la pression, des organisations agricoles ont prévu dès le matin un rassemblement devant le Parlement européen à Strasbourg, où la Commission doit dévoiler son plan d’action. «Les agriculteurs abordent la prochaine saison d’achat (d’engrais) dans un climat d’extrême incertitude, sur le coût, mais aussi sur la disponibilité effective des engrais», met en garde le Copa-Cogeca, qui rassemble les principaux syndicats agricoles européens. Avant le conflit au Moyen-Orient, 30% des engrais mondiaux transitaient par le détroit d’Ormuz. Depuis fin février, le prix des fertilisants a bondi en Europe. Ceux à base d’azote coûtent autour de 500 euros la tonne désormais, contre quelque 380 euros l’hiver dernier. A cela, s’ajoute l’envolée du coût du gazole pour les tracteurs, qui a poussé nombre d’Etats à sortir le carnet de chèques pour limiter la facture. La Commission européenne, qui avait promis bien avant cette guerre des mesures en faveur des agriculteurs, se retrouve sous forte pression. La guerre «a créé une prise de conscience de la nature stratégique du secteur des engrais». Le plan d’action européen est monté de «quelques crans en termes d’importance politique», souligne Tiffanie Stephani, chez Yara, l’un des plus gros producteurs d’engrais en Europe. A court terme, Bruxelles va puiser dans la «réserve agricole», des fonds européens destinés aux situations de crise pour soulager le secteur. Il reste environ 200 millions d’euros dans cette enveloppe pour l’année 2026. La situation est particulièrement difficile pour les céréaliers. Gros consommateurs d’engrais, ils sont dans le rouge depuis trois ans à cause de l’effet combiné d’une récolte de blé catastrophique en 2024 et d’une année 2025 déjà marquée par des engrais très chers ainsi qu’un blé sous les 200 euros la tonne en France, confrontée à une concurrence internationale accrue. Taxe carbone pas remise en cause Au-delà de l’urgence, l’Union européenne, qui importe 60% des engrais qu’elle consomme, promet d’agir à plus long terme avec deux mots d’ordre: la diversification des approvisionnements et l’augmentation de la production européenne. Bruxelles pourrait aussi assouplir ses règles sur les nitrates pour autoriser les paysans à utiliser davantage de digestat, des résidus issus de la méthanisation des déchets organiques utilisés comme alternatives aux engrais chimiques. Cet assouplissement inquiète les organisations environnementales, qui craignent des pollutions de l’eau. En dépit des appels de plusieurs pays, dont la France, et des agriculteurs, l’exécutif européen n’a en revanche pas l’intention de suspendre sa taxe carbone aux frontières (CBAM) sur les engrais, en place depuis le 1er janvier pour décarboner le secteur et soutenir les producteurs européens. Sur ce volet, la Commission a «déjà pris des mesures pour aider les agriculteurs», insiste une porte-parole, avec une suppression temporaire de droits de douane sur les fertilisants, hors Russie et Bélarus, et une adaptation de la taxe carbone afin «d’atténuer fortement son impact». Remettre en cause cette taxe ouvrirait une brèche dans un mécanisme qui concerne d’autres secteurs polluants, comme l’acier, l’aluminium, le ciment, l'électricité et l’hydrogène. Et cela désavantagerait les fabricants européens, qui tentent d’augmenter leur production. Le mécanisme européen «est vraiment indispensable pour garantir une concurrence équitable pour notre secteur», revendique ainsi Tiffanie Stephani. L’Union européenne ne reviendra pas non plus sur l’augmentation progressive des taxes sur les engrais russes et bélarusses, dont Bruxelles voudrait définitivement se passer afin de priver Moscou de ressources qui financent la guerre en Ukraine. Face à la dépendance persistante de l’Europe aux importations, l’un des grands enjeux est le développement d’engrais alternatifs, bas carbone. Jusqu’ici, cette ambition a buté sur des coûts de production souvent très élevés, notamment en raison du prix de l'énergie. Plusieurs projets ont été abandonnés, dont une initiative en Autriche, baptisée «Green Ammonia Linz». Adrien DE CALAN © Agence France-Presse