Le marché des obligations vertes est le théâtre de fortunes contrastées
Le marché des «green bonds» n’immunise pas contre tous les risques. La société autrichienne d'électricité Verbund, notée «BBB+» par S&P, est venue émettre 500 millions d’euros d’obligations vertes de maturité 10 ans la semaine dernière sur le marché primaire en consentant un coupon de 1,5%. Le spread final est ainsi ressorti dans le bas de la fourchette cible initiale, à 67 pb au-dessus du taux de référence mid-swap.
«Le prix est ressorti environ 3 pb en dessous de celui issu de la courbe interpolée à 10 ans de Verbund sur le marché secondaire. La société a ainsi bénéficié d’une prime d’émission négative, ce qui est extrêmement rare», précise Jérémie Boccara, en charge de l’origination green bonds chez SG CIB, en charge de la structuration du produit.
Verbund, qui a relevé mi-octobre de 20% ses prévisions de bénéfice net pour 2014 à 85 millions d’euros et était également appuyé dans cette opération par Commerzbank, JPMorgan, Raiffeisen Bank et UniCredit, a réuni un carnet d’ordres d’environ 1,6 milliard auprès de 170 investisseurs, dont 66% d’investisseurs ISR. Le produit de cette émission sera destiné à financer des centrales hydroélectriques ainsi que des projets dans l'éolien en Autriche et en Allemagne. La société Oekom s’assurera pour sa part tous les ans de la conformité des investissements réalisés, jusqu’à la maturité des titres. Pour expliquer cette forte demande, Jérémie Boccara met également en avant la rareté de l’émetteur, détenu à 51% par l’Etat autrichien, dont la précédente émission remontait à 2009.
Un succès qui tranche avec le sort de l'émission d’Abengoa. S’il a apporté des éclaircissements comptables et le détail complet de sa dette, le groupe d’énergies renouvelables espagnol a également confirmé lors d’une conférence téléphonique hier sa décision de classer les 500 millions d’équivalent euros levés en septembre par Abengoa Greenfield en «dette sans recours». Une décision qui avait entraîné une chute du prix des souches février 2015 à 92% du pair et mars 2021 à 75%. Cette correction sur le marché secondaire est néanmoins jugée «excessive» par Tullett Prebon, le groupe disposant «d’un matelas de liquidités de plus de 2,7 milliards d’euros immédiatement disponibles qui seront partiellement affectés à des rachats obligataires».
En outre, Natixis ajoute qu’«il n’y a pas lieu de craindre une rupture des covenants sur le levier net corporate à court terme».
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