Le marché des obligations catastrophes est plus dynamique qu’en 2011
Le marché des obligations catastrophes (cat bonds), qui permet aux spécialistes de l’assurance de couvrir leurs risques, est dynamique. Au niveau mondial, les émissions réalisées représentent 5,2 milliards de dollars (4 milliards d’euros) depuis janvier jusqu’à aujourd’hui, selon le réassureur Swiss Re. Ce chiffre est déjà supérieur de 13% au total des émissions de l’année dernière (4,6 milliards de dollars), même s’il reste loin derrière le record de 8,5 milliards de dollars émis en 2007.
Pour Christophe Fritsch, responsable de l’équipe insurance linked securities chez Axa IM, les émissions qui sont le fruit de sponsors européens uniquement représentent un peu moins de 35% du total des émissions cette année. Mais l’implication des Européens devrait aller croissant. «Sous Solvabilité 2, les assureurs auront le même traitement en capital, qu’ils aient recours à de la réassurance ou à des cat bonds pour se couvrir, alors que ces derniers sont aujourd’hui défavorisés. Les assureurs devraient donc sponsoriser plus de cat bonds à l’avenir», explique-t-il.
Dernièrement, Munich Re a émis une obligation à échéance avril 2016 de 75 millions de dollars pour se couvrir contre les ouragans aux Etats-Unis et les tempêtes en Europe (Queen Street VII Re). La prime de risque a été fixée à 8,60%.
Côté français, Scor a placé une obligation catastrophe début novembre (Atlas Reinsurance VII). Elle fournit au groupe une couverture contre les ouragans et les tremblements de terre aux Etats-Unis, via une tranche de titres de classe A de 60 millions de dollars. L’obligation couvre aussi le réassureur contre les tempêtes en Europe via l’émission de titres de classe B pour 130 millions d’euros. La couverture sera valable trois ans jusqu’à la fin de 2015. Le montant de l’émission a été revu à la hausse et le prix de l’opération à la baisse. Les titres de classe A (notés BB- par Standard and Poor’s) ont été placés avec une marge de 800 pb, ceux de la classe B (notés BB) avec une marge de 365 pb.
«La réussite de ce nouveau placement confirme l’intérêt croissant des investisseurs financiers pour cette classe d’actifs décorrelés des marchés traditionnels», assure Henri de Mont-Serrat, analyste chez Natixis (l'établissement a participé au placement). Chez Axa IM, Christophe Fritsch souligne que, de façon générale, la demande des investisseurs est portée par le rapport rendement-risque intéressant.
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