Le marché des métaux précieux cherche des moyens de redorer son blason

Le Conseil mondial de l’or a convié tous les intervenants du métal à une vaste réunion le 7 juillet prochain pour toiletter son mode de fixing
Patrick Aussannaire

Le temps presse pour réformer le marché des métaux précieux. Le Conseil mondial de l’or (WGC ) a convié le gotha de l’industrie du métal jaune rassemblant banques, opérateurs, fournisseurs d’ETF, raffineurs, banques centrales et sociétés minières à une réunion qui se tiendra le 7 juillet prochain, avec l’Autorité financière de régulation britannique, visant à toiletter le mode de fixation du cours de référence sur le marché londonien.

Un enjeu puisque ce sont quelque 18.000 milliards de dollars qui auraient été échangés sur le marché de l’or l’an dernier, selon CPM Group.

«Le processus de fixing a été établi il y près d’un siècle, il n’est donc pas surprenant qu’il soit amené à changer pour répondre aux attentes actuelles de marché d’un renforcement de la régulation, de la transparence et de la technologie», a ainsi expliqué Natalie Dempster, directrice opérationnelle au WGC. Quatre banques, Barclays, HSBC, la Société Générale et Scotiabank, participent aujourd’hui au fixing de l’or.

Le WGC s’est donné comme objectif que le nouveau fixing de l’or soit déterminé par les opérations exécutées, que le prix soit flexible, avec des données transparentes publiées et sujettes à audit dans un marché profond et liquide. Il devra également refléter un prix physiquement livrable. Une démarche qui pourrait se traduire «soit par une réforme du fixing, soit par l’émergence d’un prix de référence différent», précise Natalie Dempster. Une solution de fixation électronique du cours de référence quotidien de l’or serait à l’étude, selon Reuters qui cite des sources proches des discussions.

La réputation du marché des métaux précieux a été écornée par la décision de Deutsche Bank le mois dernier de se retirer du panel de fixation quotidien du cours de référence de l’or et de l’argent. Mais surtout par l’amende de 26 millions de livres que les autorités britanniques ont infligée à Barclays. Elles lui reprochent un manque de vigilance dans le contrôle des opérations d’un de ses traders, reconnu coupable de manipulation du cours de l’or en 2012.

Le retrait de Deutsche Bank entraînera l’arrêt du fixing de l’argent le 14 août prochain, le nombre de banques participant au processus s’étant réduit à seulement deux. C’est dans ce cadre que les membres de la London Bullion Market Association doivent entendre demain les propositions que lui feront dix organisations, dont le LSE, le CME, Platts, Thomson Reuters et ETF Securities, pour trouver un mode de fixing alternatif.

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